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Edmond d’Alexis Michalik : après la pièce, le film

Depuis une dizaine d’années, les pièces qu’Alexis Michalik écrit et met en scène font salle comble. En 2017, sa pièce Edmond, encensée par le public et par la presse obtient cinq Molières. Le 9 janvier, c’est au cinéma que l’on pourra voir comment Edmond Rostand est parvenu à écrire et à monter Cyrano de Bergerac. La pièce à succès devient donc un film réalisé par Alexis Michalik lui-même. Lorsqu’il est venu à Nice pour présenter Edmond en avant-première, nous avons pu le rencontrer.

Cela faisait longtemps qu’il avait en tête cette histoire. « Edmond, c’est un rêve de quinze ans ! » nous a-t-il avoué. Contrairement à ce que nous pouvons penser, Edmond était d’abord prévu pour le cinéma. Le jeune metteur en scène et comédien avait écrit le scénario du film puis avait fait la démarche de rencontrer une boîte de production. On lui avait alors répondu qu’il devait étoffer son scénario  et qu’on lui trouverait un réalisateur. Mais il s’est avéré que le film allait être très difficile à financer et aucun réalisateur n’a finalement été trouvé. Un signe du destin sûrement ! Alexis Michalik a donc adapté lui-même au théâtre Edmond et nous connaissons la suite. La pièce a remporté un immense succès, ce qui lui a permis de financer son film.

Quinze ans après, c’est donc une très grande satisfaction de voir son projet réalisé. Certes, il s’est mis la pression en réalisant ce film mais il reconnaît qu’il a bénéficié d’une plus grande liberté grâce à la pièce.  Il a ainsi pu choisir plus facilement les costumes, les décors mais aussi les comédiens. Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Clémentine Célarié, Simon Abkarian entre autres côtoient de jeunes acteurs prometteurs dont on n’a sûrement pas fini d’entendre parler : Thomas Solivérès (qui interprète Edmond Rostand), Tom Leeb (le fils de Michel) et Lucie Boujenah (la nièce deMichel). En voyant la pièce ou le film, on pense immédiatement que l’esprit de troupe est très important dans pour Alexis Michalik. Edmond a été tourné en République tchèque et tout le monde était logé dans le même hôtel.  Tous les comédiens ont joué le jeu, naturellement, pour se mettre au service de la pièce.

Avec Edmond, Alexis Michalik a voulu « transmettre aux spectateurs son amour du théâtre », de la même manière qu’il l’a reçu. Adolescent, il allait voir des pièces avec ses parents. Plus tard, devenu comédien,  il a interprété notamment  Roméo dans l’adaptation d’Irina Brook de Roméo et Juliette. Il aime jouer la comédie. Dans Edmond, il s’est d’ailleurs réservé le rôle de Georges Feydeau. Au cinéma, il aime voir des comédies musicales, les films de Spielberg ou de Luc Besson, quand il était plus jeune. Il lit des BD, regarde des séries. Au fond, il est un peu comme tous les hommes de sa génération. Il le reconnaît, il « se nourrit de tout ce qu’il voit et de tout ce qu’il lit ».

Lui qui avoue préférer le festival d’Avignon au festival de Cannes, a réussi l’exploit de réaliser un film qui rende hommage au théâtre. Porté par le désir de combattre les préjugés disant que le théâtre est poussiéreux et ennuyeux, il a rendu le film « léger », accessible à tous. Il n’a montré à l’écran que « les tubes de Cyrano », pour reprendre son expression. Les tirades (évidemment celle du nez), les scènes les plus connues sont jouées, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Alexis Michalik nous a confié que le film avait été montré à plusieurs reprises à un public scolaire lors des avant-premières. Systématiquement, les jeunes, qui connaissaient pour la plupart déjà la pièce, pensaient s’ennuyer et sont sortis ravis. D’ailleurs, le film a obtenu trois prix au festival du film de Sarlat, un festival des lycéens, qui s’est tenu en novembre dernier.

Alexis Michalik aime à la répéter : il déteste l’ennui, en tant que spectateur mais aussi en tant que metteur en scène. En voyant Edmond, on ne s’ennuie pas. Loin de là. Se dégage du film comme de la pièce une énergie folle. Le spectateur est emporté par le rythme ; il virevolte, à l’image d’Edmond qui se démène pour écrire sa pièce et la monter. On sourit, on rit et même on est ému pendant presque deux heures. Et lorsque le film prend fin, on se surprend à avoir le sourire aux lèvres. Indéniablement,  Edmond est le film qui mettra de bonne humeur en ce début d’année.

Edmond d’Alexis Michalik sortira le 9 janvier au cinéma.

A propos laurence ray

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