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Festival de Cannes J8 : En guerre de Stéphane Brizé et Star wars hors compétition

C’est à une belle montée des marches à laquelle le public massé devant le palais a eu droit hier soir. Pour la projection de Solo : Star wars de Ron Howard, tout le casting avait fait le déplacement (notamment Thandie Newton, Emilia Clarke, Woody Harrelson), y compris Chewbacca et les star troopers vêtus de leur équipement blanc, escortant les spectateurs sur les marches.

Festival de Cannes Solo

Néanmoins, c’est dans l’après-midi que les festivaliers ont pu voir l’un des meilleurs films de la compétition : En guerre de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon. On se souvient qu’en 2015, l’acteur avait remporté le prix d’interprétation avec La loi du marché. On ne change pas une équipe qui gagne. Les deux hommes étaient donc de retour sur la croisette, avec un film plein de rage, filmé comme un thriller avec un enjeu vital : éviter la fermeture de l’usine et conserver son travail. Vincent Lindon est Laurent, un syndicaliste déterminé à se battre coûte que coûte contre la hiérarchie, quitte à dépenser toute son énergie et à y laisser sa peau. Il est « en guerre », comme les autres salariés  qui refusent d’accepter que l’usine Perrin qui a fait de gros bénéfices ferme sur la décision de la maison-mère, en dépit de leurs sacrifices. Plus de mille emplois sont menacés. Brizé filme dans l’urgence, montre les dialogues des syndicalistes, leurs divisions inévitables, leurs tentatives de dialogue avec le patronat. Il plonge le spectateur dans la réalité, au coeur du combat, filmé lui-même par les caméras de BFM. Vincent Lindon est magnifique, tout comme les autres comédiens, la plupart non professionnels. On le voit s’époumoner, se battre souvent contre des moulins à vent. Brizé réussit à faire de cette lutte un film haletant et poignant. A l’issue de la projection, la salle était debout, les yeux embués de larmes, applaudissant pendant de très longues minutes Stéphane Brizé. Un moment très fort. On voit mal comment un prix pourrait échapper à ce film. 

Le deuxième film de la compétition était Under the silver lake de David Robert Mitchell avec Andrew Garfiled (qui n’avait pas fait le déplacement). Après s’être fait remarquer à la semaine de la critique en 2015 avec it follows, le réalisateur américain est pour la première fois en compétition officielle. Under the silver lake suit le parcours de Sam, à Los Angeles. Il déambule de fête en fête, côtoie des « escorts stars » et le jour où il rencontre sa mystérieuse et jolie voisine, il est fasciné. Malheureusement, elle disparaît brusquement. Sam se lance alors à sa recherche à travers la ville. Ses pérégrinations vont le conduire dans les profondeurs les plus ténébreuses d’Hollywood, alors qu’un tueur de chats rôde. Il est fasciné par un fanzine « under the silver lake » où règne une atmosphère inquiétante. Sam est appelé vers tous ces mystères, stimulé par la quête de sens d’un monde qu’il croit rempli de codes. Avec ses multiples référenec et surtout son univers qui se veut proche de Lynch, David Robert Mitchell a dérouté un très grand nombre de spectateurs, hermétiques à ce labyrinthe. 

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