Fuite de tritium à la centrale du Tricastin et risque nucléaire !

Une population nombreuse autour de Tricastin cette fin d’année 2021 aurait pu se terminer sans angoisse…Le 21 décembre EDF a déclaré que le Centre Nucléaire de Production d’Electricité avait fait état d’un “évènement significatif pour l’environnement”. Le 15 décembre l’autorité de sûreté nucléaire (ANSN) a relaté cet incident à la Centrale du Tricastin. Faut-il s’alarmer de cette obsolescence d’une Centrale construite en 1974 ? Quelles sont les conséquences d’une fuite de tritium au coeur d’une centrale ? L’information a t’elle bien été diffusée auprès du public ? Toutes ces questions sont là, nous allons tenter de répondre à vos interrogations !

Un communiqué qui se veut rassurant ?

Le CNPE du Tricastin a déclaré le 15 décembre 2021 un événement significatif pour l’environnement, concernant la détection d’un marquage en tritium de l’eau souterraine contenue dans l’enceinte géotechnique située sous la centrale.

La centrale dispose d’un réseau de puits de contrôle (piézomètres) qui surveille l’eau souterraine de la nappe géotechnique interne située sous la centrale. C’est au cours de l’un des contrôles quotidiens, le 11 décembre 2021, qu’une activité en tritium a été détectée sur l’un des piézomètres de l’ordre de 8000bq/l, avec un pic mesuré à 28900 Bq/l le 12 décembre 2021.
Les valeurs observées sur ce piézomètre situé dans l’enceinte géotechnique sont aujourd’hui en baisse, autour de 11.000Bq/l. Pas de quoi inquiéter les spécialistes en la matière, même si on analyse le communiqué, il faut prendre des précautions dans le résumé de l’annonce du Tricastin.

“Le 25 novembre, au cours d’un transfert d’effluents vers les réservoirs KER, le puisard a été rempli au-delà de sa cote d’usage, provoquant un écoulement de 900 litres d’effluents à l’extérieur du puisard dans une zone de collecte des eaux pluviales.
Après plusieurs jours, l’écoulement a atteint par infiltration les eaux souterraines de la nappe géotechnique interne. Il a été détecté le 11 décembre 2021 au cours des contrôles réalisés chaque jour” voilà ce que l’on pouvait lire sur le document publique.

Un délai de 17 jours pour se rendre compte de l’erreur de transfert !

Fuite à la centrale du Tricastin

“Cet événement est sans conséquence sanitaire. En effet, le CNPE est construit sur une enceinte géotechnique interne dont les eaux souterraines sont séparées de la nappe phréatique et ne peuvent en aucun cas se mélanger (cf infographie). Ces eaux souterraines ne font l’objet d’aucun usage direct, ni pour la production d’eau potable, ni pour les besoins agricoles ou d’élevage” poursuivait le communiqué à la presse locale et nationale.

Déjà, on peut s’étonner que les capteurs d’erreurs et de contrôles n’ont pas réussi à limiter le flux de rejets dans le temps, pour la fuite, cela aurait permis de réguler plus rapidement le problème. La publication le 21 décembre est aussi problématique, car même si on doit minimiser le risque, l’information est donnée pratiquement 1 mois après l’évènement !

Les fameux réservoirs KER, faisant office de retenues…

Déjà en 2012 l’Autorité Nationale de Sureté Nucléaire tirait la sonnette d’alarme : “A la suite d’un rejet non maîtrisé de tritium dans l’environnement sur le site de Civaux, l’ASN a mis en demeure EDF de respecter la réglementation relative aux fluides radioactifs”.

Le 4 janvier 2012, un prélèvement dans les eaux souterraines de la centrale a été réalisé par EDF. Les résultats d’analyse de ce prélèvement, reçus le 13 janvier 2012, ont révélé une activité volumique en tritium de 540 Bq[1]/l. Les mesures attendues au niveau de ces eaux souterraines sont normalement inférieures à 8 Bq/l.

Le fonctionnement d’une centrale nucléaire produit des effluents contenant des éléments radioactifs. Parmi ces éléments, le tritium (3H) est un isotope radioactif de l’hydrogène. A la centrale de Civaux, ces effluents sont traités, conditionnés dans des réservoirs appelés « KER » puis rejetés dans la Vienne suivant les modalités et les limites fixées par les prescriptions de rejet. Conformément à la réglementation, une capacité de rétention est associée à ces réservoirs « KER » pour collecter leurs fuites éventuelles. Cette rétention doit être étanche aux produits qu’elle pourrait contenir. 

À Tricastin, la nappe phréatique entourant les réservoirs n’aurait pas été touchée !

Schéma de la fuite à Tricastin

L’EDF doit cependant se conformer, comme aux dispositions de l’article 14 du titre III de l’arrêté du 31 décembre 1999 modifié dans le centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) du Civaux, afin de garantir de l’étanchéité des systèmes entourant les réservoirs KER.

Autre risque : Une contamination mineure peut-elle entrainer à long terme une pollution de la nappe phréatique ? D’après notre enquête, il existe effectivement un risque, mais un dispositif particulier empêche tout forage aux alentours de la centrale, une zone de sécurité maintiendrait donc une “pollution” contenue !

Dans le cadre de l’installation des populations autour de la centrale, le nombre d’habitants est en augmentation depuis 2009. 208 communes sont donc impactées directement par un risque majeur de pollution nucléaire.Cependant les associations vigilantes autour de Tricastin, demandent que les systèmes de surveillance soient réparés au plus vite, avec en bémol une inquiétude sur l’ampleur de la fuite qui impacte obligatoirement l’environnement. D’autres informations https://www.edf.fr/centrale-nucleaire-tricastin

Eric Fontaine

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