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Les quotas dans le football français

« Le football masculin français se révèle aujourd’hui en grande difficulté tant sur le plan sportif que sur le plan économique et humain. Et, plutôt que de procéder à une réévaluation globale de cette institution – et du même coup à un bilan de compétence de ses dirigeants -, les vieux démons refont surface. La facilité consiste alors à s’armer de préjugés et de s’attaquer aux plus fragiles ainsi qu’à ceux qui ne sont pas, ou si peu, représentés dans les instances de décision du football français.

 


La méthode a malheureusement fait ses preuves plus d’une fois : on désigne un bouc émissaire pour justifier ses propres limites et échecs.

 

Si le football français ne gagne plus, c’est de la faute des binationaux, c’est-à-dire, en d’autres termes, des noirs et des Arabes qui décident de quitter notre équipe nationale pour rejoindre d’autres clubs plus généreux. Suivant ce constat réducteur qui permet de se dédouaner de ses responsabilités, il serait alors urgent de limiter la présence de ces joueurs « ingrats » dans les équipes élites, et d’instaurer cette fausse bonne solution des quotas.

Il est primordial de souligner que cette mesure est discriminatoire et contraire aux valeurs de la société française, pourtant acquises depuis la Révolution il y a plus de deux siècles.

 

Plusieurs personnes au sein de la Fédération Française de Football avaient déjà tenté de dénoncer ce type de discours récurrent, mais sans réussir à se faire entendre quand ils affirmaient y être régulièrement confrontés. Excédés, ils ont fini par les enregistrer pour preuve de leur bonne foi.

 

D’un point de vue personnel, ces révélations ont été un choc et ont provoqué en moi une grande tristesse.

Je ne pense pas être le seul à avoir eu ce ressenti.

Ce qui me surprend le plus dans cette affaire, c’est la très large complaisance de la plupart des acteurs du football français à l’égard des responsables de tels propos, mais aussi de ceux qui en ont été les témoins sans s’en être indignés.

Il ne s’agirait selon eux que d’un langage courant, pas de quoi s’inquiéter ou se révolter.

Par ailleurs, nous nous sommes aperçus, tout au long du traitement médiatique de cet événement, que la volonté a été de s’interroger sur le « racisme présumé » des uns et des autres, pour en arriver à la conclusion que les concernés ne sont pas racistes. En d’autres termes, « circulez, il n’y a rien à voir ! »

Mais permettons-nous malgré tout de nous poser la question du caractère des propos: sont-ce des propos à caractère raciste ? Pour y répondre, il faut admettre que ce n’est pas parce que l’on tient des propos discriminants que l’on est raciste et, à l’inverse, que l’on peut très bien être raciste sans néanmoins discriminer.

Pour autant, et afin d’empêcher une situation d’ignominie, il est nécessaire que nous acceptions avoir eu des attitudes ou des mots discriminants, à cause de stéréotypes qui sont presque devenus des lieux communs, et que nous nous insurgions lorsque nous en sommes témoins.

Victor Hugo avait une recommandation: « C’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas. Indignons-nous ».

 

Alors, afin de sortir de ces pratiques et discours intolérables, il est urgent que chacun prenne ses responsabilités dans cette société qui entretient les sectarismes, et où paroles et actes discriminants demeurent trop souvent sans conséquences pour leurs auteurs.

L’idée que les  stéréotypes qui traversent la société sont majoritaires dans l’inconscient collectif, couplée avec une méconnaissance des processus et pratiques qui produisent de la discrimination, fait que cette dernière est couverte par un déni collectif. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit de comportements et de propos illégaux ayant des conséquences graves.

 

A l’adresse de tous ceux qui pensent que cette affaire de quotas dans le football français est une non-affaire, ou qui se sont efforcés de nier la réalité, ou encore pire ont organisé ce « blanchiment », j’ai envie de dire: « entendez la souffrance de Mr Belkacemi, entendez la souffrance de ces milliers de personnes qui ont été choquées par ces propos, entendez la souffrance de ces millions de personnes victimes au quotidien de discriminations et à qui notre République (« liberté, égalité, fraternité ») ne donne aucune réponse. »

A ceux qui ont participé à cette réunion, je dirai : « indignez-vous des propos tenus car l’indignation est un des premiers degrés de la prise de conscience pour des propos jugés collectivement par la République inadmissibles et totalement discriminants. »

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Un commentaire

  1. Il semblerait que dans l’affaire des fuites de la fédération de football cela se calme au niveau des médias. ouf!! On va pouvoir enfin faire le point calmement. On ne peut pas dire que le petit monde du show bizz journalistique ait été à la hauteur de sa mission d’information. Comme d’habitude, hélas.
    De la Réunion en cause réunissant les cadres de la fédé et le sélectionneur de l ’équipe nationale il ressort ce qui suit.

    Les équipes de France produisent un niveau de jeu moyen, trop stéréotypé, sans relief et s’appuyant exclusivement sur des qualités athlétiques qui traditionnellement nous avait manquées avant l’ère Jacquet. Or il s’avère que sauf exception, comme toujours, on ne trouve ces qualités physiques sur notre territoire que dans la population footballistique originaire de l’Afrique noire et subsaharienne. Dire cela est raciste et discriminatoire ? Non bien sûr.

    Il est indéniable qu’il existe une différenciation des caractéristiques physiques dominantes selon les régions du monde et que nous ne sommes pas tous pareils tout en étant égaux
    C’est ainsi que par exemple les caraïbes produisent beaucoup de sprinteurs et les éthiopiens beaucoup de champions du marathon.
    Est-ce de la provocation à la haine raciale que de dire cela? Non bien sûr.

    Donc, au cours de la réunion incriminée il semblerait que l’on ait simplement constaté une évidence en dénonçant le manque de diversité du recrutement.
    Il ne suffit pas de vouloir des joueurs aux qualités physiques différentes, encore faut-il que ceux-ci puissent rivaliser avec les meilleurs étrangers dans leurs catégories.
    Or les ressources dont disposent les responsables des sélections nationales ne sont pas assez diversifiées. La faute en incombe principalement aux clubs professionnels qui forment les jeunes recrues au sein de leur centre.
    C’est dans ce contexte que Laurent Blanc à réintégré dans la sélection nationale des joueurs originaires de l’Afrique du Nord et du Maghreb après le fiasco de la coupe du monde en Afrique du sud. Est-ce du racisme que de faire cela ? Non bien sûr.
    Je suis convaincu qu’un communautarisme avait envahi la sélection nationale. La diversité technique, athlétique, recommence à se réinstaller progressivement. Reste à développer le patriotisme, un patriotisme respectueux de l’adversaire
    La conclusion s’impose d’elle-même: diversifier le recrutement des centres de formation.

    Mais ce qui est fondamentalement mis en accusation dans cette affaire de soi-disant quotas c’est la multinationalité, en l’occurrence la bi-nationalité.

    Beaucoup des jeunes joueurs d’origine étrangère ont en fait la double nationalité. Celle du pays d’origine de leurs parents et la nationalité française que l’on distribue en France assez facilement.
    Est-ce une incitation à la discrimination ou à la haine raciale que d’affirmer que l’identité nationale, qui est le sentiment de partager des valeurs, une histoire, de construire ensemble un avenir commun et singulier se partage mais ne se divise pas? Est-ce fascho de dire que l’on ne peut pas se donner à fond pour la sélection nationale si l’on ne peut s’identifier à la nation que l’on représente. Or la bi-nationalité c’est selon l’expression populaire «  avoir le cul entre deux chaises ». Pour ma part je dirais que la bi-nationalité est une monstruosité car l’on ne peut servir deux maitres à la fois.
    Faute de quoi on verra perdurer chez nos « internationaux » cette mentalité de mercenaires, mercenaires parcourant l’Europe de club en club à la recherche du mieux disant financier
    Il doit être frustrant d’investir, au sens figuré comme au sens propre, sur un jeune en l’intégrant dans les sélections nationales cadet, junior, espoir, et le voir en dernier ressort opter pour son pays d’origine.

    Mais ou est donc le racisme là dedans??

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