Mirwais “Taxi-Girl 1978-1981” : le fondateur du groupe culte parisien des 80’s dit toute la vérité !

Dans  ce premier tome “Taxi-Girl 1978-1981” le musicien producteur raconte ses premiers pas dans le music buisness, une spirale infernale, l’ascension fulgurante et la redescente vertigineuse de son groupe culte qui allait poser 20 ans plus tard, les bases de son futur succès avec Madonna.  

Le groupe Taxi Girl aura marqué le début des années 1980 avec un tube « Cherchez le garçon ». Mais d’où vient le nom Taxi-Girl ? Que s’est-il passé entre la naissance du groupe en 1978 et 1981 après la publication de leur unique album Seppuku ? Ces questions entendues depuis plus de quarante ans trouvent ici certaines réponses apportées ici par l’un des membres fondateurs, le guitariste Mirwais Ahmadzaï. Mirwais a juré de dire la vérité, toute la vérité sur les pérégrinations de son groupe, l’un des plus marquants de l’histoire du rock français. On entre ici dans l’intimité d’une bande de jeunes garçons encore lycéens. Les débuts ont lieu à Paris, à la fin des 70’s, quand le groupe répète dans une cave rue d’Aligre avant de se produire au Lycée Balzac (17e) et monter une à une les marches des salles parisiennes. C’est la genèse du son « Taxi-Girl » marqué par le succès de Cherchez le Garçon, maxi single du groupe en 1980. Mais le rêve de Mirwais Stass (guitare), Daniel Darc (chant), Laurent Sinclair (claviers), Stéphane Erard (basse) et Pierre Wolfsohn (batterie) se réalise réellement le 27 novembre 1978, lorsqu’ils jouent pour la première fois au ” Club “, dans les sous-sols de l’Olympia, « un endroit étrange qui ressemblait parfois à un mauvais rêve ». A compter de ce jour-là, l’auteur borde son récit sur les trois premières années d’existence du groupe parisien ancré entre le 18e et le 17e arrondissement. Pour Mirwais ce sont les années fondatrices, celle de la formation originelle, celle qui a bâti le son, l’image et l’âme de Taxi-Girl : « Nous étions le meilleur groupe du monde », affirme Mirwais. Si le quintet revendiquait l’influence de Kraftwerk, des Stooges, du Velvet Underground ou des Doors, eux sonnaient comme personne. A la fin des 70’s, le rock français est pleine effervescence avec la vague lyonnaise (Starshooter, Electric Callas, Marie et les Garçons),  les groupes en ST à Bordeaux (Strychnine, Standards,Stalag, Stilletos), Rouen ( Dogs, Olivensteins), Le Havre ( Little Bob) avec en tête les groupes de la capitale ( Asphalt Jungle, Stinky Toys, Métal Urbain, Bijou). Mais jamais cette scène rock hexagonale n’aura eu un tel alliage d’élégance et de rage, un mélange artistique aussi audacieux et avant gardiste qu’avec Taxi-Girl. Au fil des 256 pages, Mirwais ouvre la boite de pandore et livre ici l’essentiel de ses souvenirs personnels, les triomphes mais aussi les désastres d’une longue et extraordinaire aventure humaine. De son une écriture lucide et tranchante aiguisée au scalpel, il raconte le big bang musical d’un groupe qui marqua l’époque dans laquelle il s’inscrivait. « Je voulais décrire le chaos que fut le groupe de musique dans lequel je jouais… nous avons brisé le rêve hippie des années soixante-dix sans réaliser que c’était nous même que nous brisions ». Dès 1978 c’est déjà une haine larvée, insidieuse qui oppose Mirwais au chanteur Daniel Darc et plus tard aux autres musiciens, les «camés du groupe ». Car la dope est omniprésente. Héro, Coke, LSD, Meth, Amphés shit, herbe, les produits sont étalés partout au fil des pages: « Nous étions deux cleans contre trois défoncés ». Si Mirwais jugé trop clean est souvent à deux doigts de se faire éjecter du groupe, le bassiste Stéphane Erard en fera lui les frais quelques temps plus tard. Pas assez bon musicalement peut-être, pas assez camé sûrement. L’auteur y évoque le sexe glauque des amours adolescentes, la bisexualité, sa timidité avec les filles croisées ici où la mais aussi son aversion pour les groupies, relate les bastons entre keupons et rockabs, le racket des santiags et autres Doc Martens. Toute une époque ! Mirwais revient sur les premiers enregistrements « SOS Mannquin » au studio de l’Aquarium dans le 15e, un trajet en métro qui dure une éternité depuis son 18 e arrondissement. Mais une fois arrivé sur place, il se passionne pour le recording : « J’étais hypnotisé par la production musicale, par comment enregistrer correctement une guitare ou une voix ». Puis la préparation de leur seul album  Seppuku après le départ de Stéphane Erard et la mort de Pierre Wolfsohn. Certains passages sont croustillants comme celui de ce saxophoniste invité par Laurent St Clair qui ne sait pas manifestement pas jouer et improvise lamentablement de bout en bout, lors d’un set au grand Studio RTL. Mirwais n’oublie pas non plus les producteurs véreux qui les convoquent sur un malentendu : « On croyait que vous étiez un groupe de filles, on voulait vous baiser », ce « Manager Arnaqueur » qui trouvait des concerts à son « boys band » mais raflait tout le pognon. Evoquant les clones qui voudraient imiter Taxi-Girl, Mirwais lâche : « Indochine, visiblement ils n’ont pas fait qu’écouter notre musique. Ils voulaient devenir comme nous. Ils ont engagé Philippe Eidel pour les synthés, enregistré au studio de l’Aquarium et ont utilisé des visuels asiatiques, comme nous ». Évidemment, il évoque la psychologie tumultueuse de Daniel “DARK” qui encaisse mal le succès, parle de ses addictions fortes à l’alcool, aux drogues, aux lames de rasoirs, au « gun » de son père, relate ses accès de violences gratuite comme ce jour où il frappe un employé de bureau avenue de Clichy, sans aucune raison apparente. Et puis cette violence qu’il retourne souvent contre lui : « Daniel s’ouvrait les veines sur scène, mais il le faisait aussi d’une manière privée dans la baignoire sabot de l’appartement familial du 3 rue Cauchois ». « Taxi-Girl 1978-1981 » est ouvrage très précis qui reprend année après année tous les événements qui ont construit le mythe Taxi-Girl. Les biographies sur Taxi-Girl ne manquent pas mais ce nouvel éclairage remets les pendules à l’heure et ravira à coup sûr les fans.

Jean-Christophe Mary

« Taxi-Girl 1978-1981 ». Seguier.  256 pages.

 

 

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