« Moi je joue ! » au Festival Off d’Avignon : interview de Victoria Monfort

Si Victoria Monfort vit depuis le début de l’année aux Etats-Unis, elle sera une grande partie de l’été en France. Du 5 au 26 juillet, elle sera à Avignon, au théâtre Carnot, à l’affiche de « Moi je joue ! », une pièce de théâtre qu’elle a co-écrite et qu’elle produit avec son mari Hugo Cremaschi. L’année dernière, cette comédie savoureuse qui montre l’envers du décor du monde du spectacle avait connu un beau succès au Festival Off. Elle est donc de retour cette année avec presque la même distribution qu’en 2024. Sur scène, Victoria Monfort sera entourée de Marion de Schrooder, Hugo Cremaschi et Julien Grange. Avant qu’elle ne s’envole pour le sud de la France, nous avons pu la joindre par téléphone pour qu’elle nous parle de la pièce, qu’elle a hâte de jouer à nouveau sur scène.

Victoria Monfort (crédit photo : India Lange)

 

France Net Infos : Vous serez à Avignon du 5 au 26 juillet au théâtre Carnot avec la pièce « Moi je joue ! ». Vous l’avez produite, co-écrite et vous y tenez l’un des rôles principaux. C’est une sacrée aventure que vous vivez avec cette pièce !

Victoria Monfort : Absolument ! J’ai écrit la pièce avec Hugo Cremaschi, mon mari, et Julien Grange, qui joue également le rôle de Jean dans la pièce. J’ai eu l’idée originale, dans le sens où je me suis inspirée un peu de mon vécu à ce moment-là, et puis très vite, on a écrit la pièce tous les trois en deux mois pour pouvoir la jouer à la rentrée parisienne. Je savais que le Théâtre du Marais, avec lequel j’avais déjà travaillé, cherchait une pièce, c’est pourquoi on s’est dépêchés d’écrire pendant les deux mois d’été. Depuis, la pièce a beaucoup évolué, a grandi avec le temps. On l’a d’abord jouée six mois à Paris puis on a fait une première tournée. On a casté une deuxième équipe qui nous a rejoints l’an dernier pour le Festival d’Avignon. Là, il a fallu s’adapter parce que la pièce ne pouvait pas dépasser 1h15. Elle a donc beaucoup évolué depuis le début ! On a eu la chance de jouer à Paris avant de faire Avignon, ce qui n’est pas toujours le cas, normalement on fait connaître la pièce et on essaye de la vendre à Avignon. Comme j’ai déménagé aux Etats-Unis depuis janvier, je reviens exprès un pour qu’on puisse la jouer tout le mois de juillet avec l’équipe principale. On sera au Théâtre Carnot, qui accueille beaucoup d’humoristes. On est très contents de jouer là ! 

France Net Infos : L’année dernière, vous étiez déjà à Avignon avec cette pièce. Quels souvenirs gardez-vous de cette première expérience ?

Victoria Monfort : L’année dernière, la pièce était un peu comme notre bébé qu’il fallait présenter. Il y avait mon mari, mon meilleur ami et ma meilleure amie. Cette année c’est moi qui reprends le rôle qu’elle tenait. C’était épuisant parce qu’on jouait tous les jours mais c’était génial. Je me souviens de l’ambiance de rue. Il y a tellement de pièces en concurrence ! C’est ce qui fait le charme d’Avignon même si c’est épuisant. J’ai un super souvenir de l’année dernière. J’espère que ce sera aussi bien cette année. J’ai bon espoir. Quand on revient à Avignon avec une pièce qui a déjà existé là-bas, on bénéficie du public qui revient. Il y a des gens qui se souviennent de l’affiche, d’autres qui auraient aimé la voir l’année dernière mais qui n’ont pas pu. C’est un plus de refaire Avignon avec le même spectacle, je pense.

France Net Infos : Avec un tel tire, « Moi je joue !», on pense forcément un peu à la chanson de Brigitte Bardot. On suppose que la pièce a un rapport avec le milieu du spectacle et du cinéma…

Victoria Monfort : C’est l’histoire de quatre artistes, quatre amis, dont on va suivre le chemin souvent compliqué, drôle et touchant pour parvenir au succès. Le plateau est divisé en deux. La pièce s’ouvre avec deux comédiennes que tout oppose qui passent le même casting pour interpréter Brigitte Bardot dans une série biopic. Je me suis inspirée de mon vécu. Elles font appel à deux répliques différentes : pour l’une c’est son coloc, pour l’autre c’est un coach d’acteur. On va vivre l’évolution de ces quatre personnages. On montre un peu l’envers du décor du monde spectacle. J’insiste sur le fait que c’est une pièce destinée à tous, même aux enfants, parce qu’il y a de la danse, du chant, et évidemment beaucoup d’humour. On a justement essayé de ne pas toucher que ce milieu artistique, même si on parle de ça.

France Net Infos : Après Avignon, la pièce va-t-elle partir en tournée ?

Victoria Monfort : Je vis à Los Angeles depuis janvier. On va faire une tournée avec cette pièce, pour toute la communauté française de Californie. On va donc jouer à L.A., à San Francisco, à Seattle, mais également au Canada, dans un premier temps en français. Les comédiens qui seront à Avignon viendront mi-septembre en Californie. Sans aucune prétention, on essaye de s’inspirer du parcours de Gad Elmaleh, Kev Adams, ou même encore de Caroline Vigneault, qui ont vraiment aussi un public aux USA. Beaucoup de Français vivent à Los Angeles, c’est pourquoi il y a une réelle demande. On ira ensuite sûrement en Belgique et en Suisse.

France Net Infos : Vous avez fondé votre société de production avec votre mari il y a trois ans. Avez-vous d’autres projets ?

Victoria Monfort : On a toujours cette envie de travailler entre copains. Mon mari a écrit avec Julien une comédie qui s’appelle Ca patine à Tokyo avec Nelson Monfort et Philippe Candeloro notamment. La pièce tourne dans des grandes salles dans toute la France, en Belgique, en Suisse, et ils vont même aller jusqu’à Tahiti en octobre. Hugo a un projet d’écriture pour le théâtre, dans lequel j’aurai un rôle. Ce sera peut-être pour 2026.

France Net Infos : Comment parvenez-vous à gérer votre emploi du temps entre la France et les Etats-Unis où vous vivez désormais ?

Victoria Monfort : Je tourne en ce moment aux Etats-Unis une série pour une plateforme qui se déroule dans un hôpital. C’est mon premier rôle aux Etats-Unis. Je joue une femme médecin très méchante. Ce n’est pas la première fois que je joue une méchante. J’avais joué une cheffe dans la série Ici tout commence. J’avais tourné trois mois, j’avais adoré cette expérience. Je jouais un personnage très méchant. Je trouve que c’est assez jubilatoire de jouer les méchantes, et en général, le public s’en souvient. Je continue quand même à travailler avec la France. Je fais à peu près un aller-retour tous les deux-trois mois. J’écris beaucoup de sketches où je me mets en scène sur Instagram. J’interprète un personnage caricatural de la Parisienne qui est partie vivre aux U.S. Par exemple, j’ai fait pour L’Oréal un court-métrage pour le Festival de Cannes que j’ai tourné à Los Angeles, mais destiné au public français. Même si j’ai une vie de comédienne aux Etats-Unis où je joue en anglais, je garde un pied en France en Europe. J’ai réussi à trouver mon équilibre.

France Net Infos : Il y a toujours chez vous cette part d’autodérision. Ce n’est pas évident pour tout le monde de parvenir à se moquer de soi-même…

Victoria Monfort : L’autodérision, c’est se moquer de ce qu’on a pu vivre avec du recul, que ce soit un échec sentimental ou professionnel. C’est le cas de « Moi je joue ! ». Le fait qu’on m’ait refusée pour le biopic sur Bardot, ça m’a inspiré une comédie qui vit depuis déjà deux ans. J’essaie toujours de faire de l’autodérision bien sûr, mais aussi de rebondir quand il y a quelque chose qui a marqué mes émotions, ou celle de mes proches. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’émotion. Dans « Moi, je joue !», il y a de l’émotion. J’ai commencé l’écriture d’un long-métrage. Ce sera une comédie psychologique, qui se passera sur une île en Afrique, au Kenya. Ce sera l’histoire de jeunes gens qui ont tout pour être heureux mais qui n’y arrivent pas. Il y aura de la sensibilité, de l’émotion, mais c’est vrai que ce sera sur fond de comédie, pour qu’on reste quand même dans un registre joyeux. Je ne dirais pas léger, mais plutôt joyeux. J’ai un humour assez pince-sans-rire, qui plaît surtout aux jeunes femmes de mon âge, qui traversent des choses similaires. Mais j’aime bien m’entourer de co-auteurs masculins, qui, eux, vont me dire « Non, mais là, c’est trop perso, ou là, j’ai peur que les mecs se sentent un peu comme ci ou comme ça ».J’aime aussi m’entourer de garçons très proches de moi qui m’ont vu passer par des étapes très fortes pour me recadrer. Et ça fonctionne bien. Je me fais toujours relire par Hugo, mais pas aussi par d’autres copains. J’ai besoin d’avoir un œil extérieur, surtout masculin.

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