Un si grand soleil : rencontre avec Catherine Wilkening

Dans Un si grand soleil, Catherine Wilkening interprète Claudine Becker, une avocate redoutable, au caractère bien trempé. Un personnage qu’elle affectionne et auquel elle a apporté une certaine fantaisie, ce qui n’est pas pour déplaire au public puisque Claudine est devenue, au fil des ans, l’un des personnages les plus appréciés de la série. Quand elle ne tourne pas, Catherine Wilkening s’adonne à sa passion, qu’elle chérit depuis plus de vingt ans : la sculpture. Elle expose régulièrement ses créations dans des galeries, essentiellement à Paris. En attendant de voir peut-être un jour ses sculptures sur la Côte d’Azur, nous l’avons rencontrée au Festival de Télévision de Monte-Carlo, aux côtés de Nadia Fossier, Yvon Back et Bibi Tanga, Fabrice Deville, ses partenaires dans la série.

 

France Net Infos : Vous interprétez depuis bientôt quatre ans Claudine Becker dans Un si grand soleil. Quel regard portez-vous sur elle ?

Catherine Wilkening, Yvon Back, Nadia Fossier Festival de Télévision de Monte-Carlo
Catherine Wilkening, Yvon Back, Nadia Fossier (crédit photo : Festival de Télévision de Monte-Carlo)

Catherine Wilkening : J’aime beaucoup ce personnage. J’ai du mal à ne pas aimer un personnage que je défends. Sinon, je pense que j’aurais du mal à le jouer. J’ai besoin de trouver un axe où j’aime le personnage pour le défendre. Je trouve en plus très amusant de jouer ce genre de femmes. C’est assez jouissif, surtout quand on n’est pas comme ça dans la vie. Sur cette série, on nous laisse beaucoup de liberté d’interprétation. On a une structure à respecter, mais c’est vrai qu’on peut pousser les curseurs comme on en a un peu envie. Ça m’amuse beaucoup de pousser les curseurs. J’adore ça ! J’adore essayer plein de choses. On nous donne cette autorisation, c’est chouette. Je trouvais que parfois Claudine manquait peut-être un peu d’humour. C’est pourquoi, j’essaye de pousser ces curseurs et de mettre un petit peu de folie dans le personnage. Comme on me laisse faire, je pousse, je pousse !

France Net Infos : Peu à peu Claudine a conquis le public. Elle fait maintenant partie des personnages les plus appréciés de la série. Le fait que vous ayez voulu lui apporter cette touche d’humour y est sans doute pour quelque chose…

Catherine Wilkening : Oui, c’est vrai qu’au début, les gens ne m’aimaient pas du tout ! Je m’en suis pris plein la gueule ! Les gens sont d’une dureté ! Maintenant, comme je suis plus âgée, j’ai une carapace. Mais les gens sont d’une grande violence. Au début, je me faisais engueuler parce que j’avais les cheveux trop noirs. Les gens qui se font faire des liftings se font engueuler. Les gens qui ont des rides se font engueuler. On doit être absolument parfait. Mais moi, je n’ai pas du tout envie d’être parfaite. On incarne des êtres humains donc on ne peut pas incarner la perfection. Les gens manquent un peu de tolérance. Ils jugent beaucoup. C’est peut-être aussi le souci des séries quotidiennes. Il y a une confusion entre le rôle et la personne qui revient tous les soirs. On fait un peu partie de la famille des téléspectateurs. Ils nous aiment ou ne nous aiment pas. Il y a une confusion. Je pense que ce n’est pas pour tout le monde, mais pour certaines personnes, oui.

France Net Infos : Va-t-on beaucoup voir Claudine durant l’été ?

Catherine Wilkening : Il y a à peu près trois ou quatre mois de différence entre le tournage et la diffusion à la télé. Comme j’ai beaucoup tourné ces derniers mois, je pense que je vais beaucoup apparaître cet été. Claudine va devoir défendre Alix, qui va avoir des gros soucis. Ça m’a aiguillée sur un axe que j’avais peu développé avec ce personnage jusqu’à présent. On m’avait peu amenée là-dessus. Là, j’ai dû un peu plus pousser le curseur de l’émotionnel, en amenant à Claudine quelque chose d’un peu plus humain, d’un peu plus empathique. Inconsciemment, je ne pensais pas que j’allais pousser le curseur aussi loin. Mais ça m’a un peu dépassée. Je me suis surprise à avoir beaucoup plus d’empathie que je ne pensais. Je marche beaucoup à l’instinct. Je me suis surprise à avoir de l’émotion. C’est assez chouette.

France Net Infos : Avez-vous toujours voulu être comédienne ?

Catherine Wilkening : A l’âge de 12 ans, je voulais déjà être comédienne. Après, j’ai monté le club théâtre de mon lycée. J’ai mis en scène Antigone d’Anouilh, je jouais Antigone. Comme j’étais trop jeune pour aller au Conservatoire d’art dramatique de Dijon, j’ai pris des cours avec une femme qui était comédienne et qui jouait au théâtre. Et donc, on a fait un peu toutes les pièces de théâtre ensemble. C’était génial ! Après, quand j’au eu l’âge, j’ai pu entrer au Conservatoire mais j’y suis restée à peine deux mois. J’ai trouvé ça très chiant parce que c’était trop autoritaire. Moi, je voulais faire ce métier pour être libre. Quand j’ai quitté le Conservatoire, j’ai repris mon travail avec cette comédienne que je trouvais extraordinaire. Quand je joue, je m’investis totalement et j’essaie de donner le plus que je peux. Après, c’est fini ; je reprends ma vie. Je n’ai pas de problème pour quitter un rôle.

France Net Infos : Vous n’êtes pas seulement comédienne. Vous êtes aussi sculptrice ; vous exposez régulièrement dans des galeries. Comment est née cette passion ?

Catherine Wilkening : La sculpture est née il y a 25 ans. C’est très bizarre. Je fais de la sculpture dans ma tête. Je projetais de la terre sur des murs. Mais pendant trois ans, j’ai sculpté dans ma tête jusqu’au jour où j’ai rencontré une comédienne qui fait de la sculpture. J’avais déjà acheté de la sculpture. J’aime bien acheter de l’art. C’est là où on a deux cerveaux : l’un qui est dans une réalité et l’autre qui est dans des vagabondages lointains et perchés. Je me suis dit qu’on pouvait faire de la sculpture avec les mains. Lorsque j’ai commencé à prendre des cours, ça faisait trois ans que je faisais de la sculpture dans ma tête. C’est complètement rocambolesque et surréaliste ! C’est devenu tout de suite une évidence pour moi. J’avais de gros problèmes et la scupture m’a sauvé la vie. C’est devenu quelque chose de totalement vital, un domaine que je privilégie. C’est mon luxe de vie. Je fais exactement ce qui me plaît. J’interdis à qui que ce soit de me dire ce que je dois faire. Jamais je ne ferai de la sculpture pour plaire,  pour vendre absolument, ou pour faire partie d’une mode. Dès que je vois que j’appartiens à une mode, je m’écarte. 

France Net Infos : Aura-t-on un jour la chance de voir une exposition de Catherine Wilkening sur la Côte d’Azur ?

Catherine Wilkening : J’adorerais exposer sur la Côte. Je connais un peu Nice, parce qu’une partie de ma famille y habite. Comme on tourne Un si grand soleil à Montpellier, j’adore aller au musée Fabre. Evidemment, ce serait le Graal pour moi d’exposer là-bas. Je suis en ce moment sur une grosse installation, et toute une scénographie. C’est une immersion dans l’érotisme, et un parcours particulier. Je voudrais laisser la liberté aux spectateurs, aux curieux de se balader.

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