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Festival de Cannes : Youth débarque

Ce huitième jour de la compétition a offert aux spectateurs qui se sont massés devant le palais des festivals une belle montée des marches pour le film de Paolo Sorrentino avec son casting de grands noms du cinéma : Michael Caine, Harvey Keitel, Jane Fonda, Rachel Weisz et le jeune acteur américain Paul Dano.

youth photos callYouth faisait partie des films les plus attendus de cette 68ème édition. Reparti bredouille avec La grande bellezza qui avait pourtant obtenu l’Oscar, Paolo Sorrentino fait figure cette année de sérieux prétendant à la Palme. Comme son précédent film, l’image est très soignée. Esthétiquement, le film est très beau. Il nous plonge dans un palace situé dans les Alpes suisses où chaque été viennent se ressourcer des personnalités en tous genres, fortunées. Michael Caine, célèbe compositeur et chef d’orchestre à la retraite et déterminé à le rester retrouve son vieil ami Harvey Keitel, réalisateur en train d’écrire son film testament avec l’aide de ses scénaristes et acteurs. Ils discutent de longues heures sur la vie, le temps qui passe, la jeunesse perdue. L’un est apathique comme il le dit dans le film, tandis que l’autre semble aimer vraiment la vie. A leurs côtés, la fille de Michael Caine jouée par Rachel Weisz, qui vient de se faire larguer. S’ajoutent encore un acteur venu travailler son rôle et d’autres hôtes, souvent âgés et très riches, qui semblent s’ennuyer ferme, sans même prendre la peine de se parler. Paolo Sorrentino enchaîne des scènes visuellement magnifiques et livre aussi une réflexion sur la vie. Bien sûr, le titre est ironique comme l’était déjà La grande bellezza pour évoquer la décadence de la mondanité à Rome. Ici,  Ses personnages sont presque tous retraités, vieillissants. Jane Fonda en vieille actrice fardée qui joue la diva est épatante. Un beau film qui permettra peut-être à Paolo Sorrentino d’obtenir une Palme d’Or méritée.

Deuxième film de la compétition, Shan He Gu Ren du chinois Jia Zhang-Ke,  a fait une belle impression. Découpé en trois parties, trois époques, 1999, 2014 et 2025, il évoque la vie de plusieurs personnages, deux hommes amoureux de la même femme Tao. On aurait pu pencher vers Jules et Jim. Il n’en est rien. Tao se marie avec l’un des deux tandis que l’autre quitte la ville pour ne plus la voir, se marie avec une autre, a un enfant et travaille dans une mine qui va lui user la santé. Tao a-t-elle fait le bon choix ? Elle aussi a un enfant, un fils qu’ils ont prénommé Dollar mais elle a divorcé. Elle n’a pas la garde et son ex-mari part vivre à l’étranger car il travaille dans la finance. Elle ne voit que très rarement son fils. Elle lui demande de venir à l’enterrement de son grand-père mort brutalement. Les scènes entre Tao et Dollar (il y en a peu) sont très touchantes. Tao cherche à rester le plus longtemps possible avec son fils qui lui a échappé autant physiquement que moralement. Il parvient même difficilement à l’appeler « maman ». Elle va néanmoins lui donner les clés de son appartment pour qu’il puisse venir la voir dès qu’il le souhaite.Les années s’écoulent et il ne vient pas. Il est en Australie et ne parle même plus sa langue maternelle. La scène finale avec Tao devenue âgée est bouleversante. Une belle surprise et même un coup de Coeur. Espérons que le jury soit sensible à ce mélo chinois, qui nous a tiré des larmes.

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