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Les Américains renvoient Barack Obama à la Maison Blanche

Retour à la Maison Blanche pour Barack Obama

Avec une économie en berne, un taux de chômage très élévé (7,8% de la population), Barack Obama devient le premier président à être reconduit dans son mandat par temps de crise !

303 voix des grands électeurs contre 206 pour Mitt Romney, assurent à Barack Obama sont retour à Washington. Les spécialistes de la presse politique américaine, notamment ceux de CNN et du New York Times s’accordent à le dire, c’est une victoire remarquable aux vues des circonstances pour le Président Obama. Il a réussi son pari, d’autant plus difficile à tenir que face à lui se trouvait Mitt Romney, un adversaire charismatique, éloquent, populaire, passionné et inspiré. Comment s’est déroulée cette élection ? Comment cette victoire peut s’expliquer ? Et quelle direction pour la première puissance économique mondiale ? Sont les questions qui  nous viennent à l’esprit, après l’ivresse d’une campagne d’un coût exorbitant : 6 milliards de dollars pour reconduire Barack Obama à son fauteuil de président.

Une procédure électorale longue pour un vote difficile

Pas moins d’une quarantaine d’élections sont nécessaires aux Etats-Unis, (en incluant les plus connues d’entre elles, les Primaires) avant le fameux premier mardi du mois de novembre, traditionnellement le jour où le peuple américain retrouvent les urnes depuis plus de 200 ans.

Des bureaux de votes ouverts depuis 06.00 du matin dans certains états comme New York avec un engagement remarquable du peuple américain : un fort taux de participation, de longues files d’attente, souvent dans des conditions difficiles (grandes distances à parcourir, froid et vent) et en dépit de quelques problèmes techniques (appareils électroniques déficients). Dans la région de New Jersey, gravement touché par l’ouragan Sandy des votes par correspondance ont été autorisés et seront comptabilisés jusqu’à vendredi.

Une carte électorale étonnante :

Même si les opérations de dépouillement ne sont pas encore arrivées à terme dans deux des grands états pivots (Swing states), prégnants dans l’issue d’une élection américaine, à savoir la Floride ou l’Ohio, Barack Obama est ré-élu en gagnant au moins six d’entre eux.

Cette élection est certainement celle qui a mis le plus en valeur les deux visages de l’Amérique autour de son paradoxe : une forte division communautaire mais une union sacrée autour d’un drapeau, voire de l’idéal d’une nation : « The United States of America ». Fracture, vous avez dit fracture ? En effet, l’analyse des résultats indique  clairement que les minorités (population asiatique à 73%, noire à 87% et hispanique  à71%) ont encore une fois majoritairement fait confiance à Barack Obama. De son côté, 59% de la population blanche s’est reconnue dans la politique de Mitt Romney (contre seulement 39% des « votes blancs » pour Barack Obama). En outre, il est un fait remarquable, la tranche d’âge des 18-29 ans , s’est largement mobilisée en faveur du président sortant tout comme un fort pourcentage de la gent féminine. On y voit donc une fracture générationnelle, sans parler de division des genres. Enfin, on constate une dernière catégorie de fracture : les mégapoles contre les zones rurales. En effet, Barack Obama a réuni dans son sillage les zones fortement urbanisées, ce qui s’est avéré crucial dans le déroulement de cette élection. Que pouvons-nous en subodorer ? Peut-être que Barack Obama semble mieux correspondre à l’idée d’une Amérique résolument moderne et qui regarde l’avenir avec beaucoup d’espoir, incarnant bien son slogan de campagne « Forward « (aller de l’avant) ?

Et un appareil politique divisé : la chambre des Représentants (House of représentatives) demeure entre les mains des Républicains alors que le Sénat ( the Senate) reste sous contrôle démocrate.

Ainsi, malgré un résultat très serré pour ce qui concerne le vote populaire, 50% des voix du peuple américain se sont exprimées en faveur de Barack Obama (contre 49% pour son adversaire).  Et pourtant, ce dernier obtient les voix de 303 grands électeurs contre 206 pour son adversaire. Il lui fallait obtenir un minimum de 270 voix pour être assuré d’une re-élection. Que se serait-il passé si Barack Obama avait échoué à ce stade ? Les représentants (House of Representatives) auraient élu le président, tandis que le sénat américain aurait élu son vice-président… Une sophistication extrême, il faut en convenir…

 Des messages d’union et de réconciliation politique pour les deux ex-candidats…

Boston – Mitt Romney à l’issue de sa défaite à l’élection présidentielle

Mitt Romney, malgré sa grande déception n’a pas tardé à reconnaître sa défaite et à féliciter le nouveau président pour sa victoire, dans un bref discours très personnel mais d’une sobriété remarquable. Il a déclaré son engagement envers son pays intact tout en adressant à son adversaire ses meilleurs vœux de réussite dans cette difficile tâche qui lui incombe. Quant au nouvellement ré-élu Président Barack Obama, il savoure une victoire durement acquise en soulignant que le temps de l’union de la nation est venu. Il a délivré un message plein d’énergie et plein d’espoir pour son pays, un discours incroyablement optimiste qui a surpris. Il a soutenu que ce qui fait la grandeur de cette nation était la tolérance, l’ouverture d’esprit, générosité et que c’était dans cet esprit qu’il continuerait sa tâche… « The best is yet to come » (le meilleur est pour demain), a-t-il déclaré, mais les choses sont-elles aussi roses ?

Un agenda politique dense et des échéances urgentes

Cette nouvelle victoire de Barack Obama le met plus que jamais sous une forte pression. Essayons de répondre pourquoi.

Avec le passage de Sandy, les Américains, comme par exemple le maire de New York Michael Bloomberg, qui finalement a déclaré soutenir la candidature du démocrate, se sont rendus compte que le changement climatique était bel et bien un sujet d’importance qui ne pouvait plus souffrir d’être différé. Et c’est peut-être à ce moment précis que le candidat Obama aura réussi son examen de passage auprès des électeurs, qui ont jugé son action acceptable.

Cependant, le président Obama est attendu sur des dossiers brûlants comme la régulation des relations avec Wall Street (le dollar a reculé sur les marchés dès l’annonce de la victoire du démocrate), le déficit budgétaire (fiscal cliff) et la réforme de la fiscalité notamment celle de l’impôt sur le revenu ; l’immigration où il a promis tout au long de sa campagne un statut pour les clandestins, ou encore la détention illégale d’armes à feu. Mais il aussi très attendu  sur l’orientation de sa politique étrangère,par  les états de l’UE, comme au Moyen-Orient. Il n’a pas été désavoué sur d’autres sujets de société d’importance comme le mariage gay, l’avortement, et l’aide médicale, au vu des résultats des référendums qui se sont déroulés en parallèle à l’élection présidentielle dans des états comme Washington, le Colorado ou le Névada et qui se sont avérés en ligne avec les positions du président.

Le démocrate a ainsi affirmé sa détermination à continuer son travail, grandi par un premier mandat difficile, mais inspiré après une campagne menée au plus près du terrain. Ce qui nous amène à conclure, qu’en plus de son ticket pour la Maison Blanche, Barack Obama a aussi obtenu un vrai mandat politique. Ce qui étonne encore et force l’admiration. Mais comment va-t-il s’y prendre afin de réussir ce nouveau mandat, jonché de difficultés majeures (notamment la division de l’appareil législatif bicéphale entre d’une part,  les Républicains à la tête de la Chambre des Représentants et d’autre part, les Démocrates à la tête du Sénat), susceptibles de devenir « le véritable casse-tête chinois » du président ? Pour l’instant, nous sommes toujours en attente de précisions…

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