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Mariez Devista, nouvel album : Indipendentista

Mariez DevistaMariez Devista, groupe rock issu de la scène lyonnaise, écume les scènes depuis 22 ans. C’est pour fêter ces 22 ans au service d’un rock brut et indépendant que le groupe vient de sortir un double CD digipack comprenant un livret de 16 pages.

Avec ce nouvel album intitulé, « Indipendentista », Mariez Devista revendique du haut de ses 22 ans, son indépendantisme.

Comme le dit le groupe : « on a tout donné là dedans ». Preuve d’une vraie générosité que les fans apprécieront en retrouvant 22 titres alliant l’énergie à l’émotion. Pour en savoir plus sur ce nouvel album, c’est du côté de Christophe Talavera, chanteur du groupe, que je me suis tourné.

Salut Christophe, 22ans, 22 titres. Que de chemins parcourus. Comment expliques-tu la longévité du groupe ? Mariez Devista c’est avant tout une grande famille. Beaucoup de nos histoires personnelles gravitent autour de l’existence du groupe. Nous avons un public très fidèle dont la plupart de nos amis proches font partie. Ce sont les premiers à nous encourager à continuer. De plus, au sein même du groupe, nous sommes comme des frères, nous nous connaissons depuis très longtemps. Avec Steph (guitare) par exemple, nous sommes amis depuis la première année de maternelle, soit plus de 40 ans !!! Tu imagines ?… Il y a chez nous quelque chose d’incassable. Si nous arrêtions, ce serait comme une petite mort. Si l’essence créative nous échappait, ou tout simplement le plaisir de jouer ensemble, bien sûr que nous pourrions nous arrêter, enfin je crois…C’est une question que je me pose de temps en temps, mais je n’ai pas envie d’y répondre, du moins pas pour l’instant. D’autant plus que nous pensons que Mariez Devista a tout à fait sa place dans le paysage musical actuel.  

L’album reprend t’il d’anciens morceaux ou est ce uniquement des inédits ? C’est un double album qui ne contient uniquement que des inédits. Tous les morceaux ont été composés après l’album Ultimatum qui date déjà de 2011.

Y’a t’il eu des collaborations particulières pour cet album ? Oui, et c’est une habitude chez nous ! Nous adorons apporter un souffle extérieur sur quelques morceaux. Il y a avant tout Nico (Nicolas Roulet) qui a enregistré l’album, qui joue aussi du synthé sur un morceaux (une première dans Mariez !), il y a aussi Mitch, batteur d’Hystery Call, qui joue des percus sur un autre titre, puis Sofiene (guitare) et Thibaud (chant), les deux ex-Madame Olga et aujourd’hui RAB, chacun sur un morceau différent. Et puis concernant la pochette nous avons laissé tout le boulot à ami photographe, David dit Foto Grafika, qui a géré toute cette partie tout seul, et qui a fait un travail énorme ! Et je n’oublie pas notre ami Greg qui réalise à chaque fois le mastering pour nos albums !

As tu des titres phares sur cet album ? Je pense que l’album est très homogène et qu’il est difficile de ressortir un titre plus qu’un autre. Mais d’après certains avis, deux titres reviennent souvent dans les discussions, Louisa, une chanson qui s’adresse à une footballeuse (Louisa Necib) et Bye bye marin, qui elle est dédiée à notre ancien batteur et surtout ami d’enfance décédé l’année dernière. Steph l’a composé et quand j’ai écris le texte j’avais vraiment le cœur serré comme jamais. Il y a pour nous une énorme émotion quand nous la jouons. C’est comme si il était encore avec nous.

Indipendentista ? Pourquoi ce nom ? C’est corse ? Oui, c’est effectivement Corse. J’adore la Corse, j’ai eu la chance d’y aller plusieurs fois. Très souvent et surtout dans les grandes villes, tu peux voir tagué sur les murs : Ghjuventu Indipendentista (jeunesse indépendantiste), qui est par ailleurs un des titres de l’album, et ça m’a interpellé. Je me suis renseigné du pourquoi de l’existence de ce mouvement et parallèlement je me suis intéressé à l’histoire de la Corse. Et forcément les deux se rejoignent. La France s’est octroyé la Corse par la force, alors qu’elle était indépendante. J’ai même croisé un cortège complet d’indépendantistes venu rendre hommage à Paoli sur les lieux de la dernière bataille de Corse, d’ailleurs je peux te dire que sur le coup, je ne faisais pas mon malin avec mon immatriculation 69. Mais je ne prend pas parti, je constate, et j’expose. L’indépendance est une forme de liberté, mais la liberté a un prix. Tout le monde a besoin d’indépendance, chaque personne est un indépendantiste à sa façon. Et ceux qui le proclame au nom d’un peuple entier, surtout à juste cause, ont du courage et méritent le respect.

J’ai cherché un site Mariez Devista je n’ai pas trouvé en dehors du Facebook, d’une présence sur Jamendo.  Pourquoi ? Nous avons aussi un site bandcamp, qui nous sert de lien d’écoute. Le lien est sur notre Facebook . Ce dernier réseau est le plus simple d’accès et le plus fréquenté, nous y sommes plutôt souvent et puis nous sommes contre les plate-formes payantes. Tu trouves aussi pas mal de nos vidéos sur YouTube.

Qu’est ce qui inspire le groupe aujourd’hui ? Nous gardons la même ligne de conduite qu’à nos débuts. Le quotidien de tout un chacun, le milieu urbain, et plus le temps avance, plus ça s’empire. L’inspiration vient donc tout naturellement.

Si je te dis que la situation est de plus en plus difficile pour jouer, pour se faire entendre aussi. Je pense que tu seras d’accord. Malgré tout, l’avenir du groupe dans les prochains mois, c’est des concerts ? Où pourrons nous vous voir ? Oui c’est vrai, c’est compliqué. Tout le monde s’enferme. Le public sort de moins en moins, les groupes se démotivent rapidement, et les lieux de concert changent de plus en plus leur concept, à savoir programmer des soirées Dj ou des soirées salsa qui sont beaucoup plus rentables. C’est une mauvaise passe, mais ça reviendra j’en suis sûr. Il faut un détonateur. Nous venons à peine de démarcher les concerts pour fin 2015 et 2016, aucune date n’est encore calée, ça viendra dès la rentrée. Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour nous en occuper car l’album vient tout juste de sortir. C’est encore très frais tout ça

La région lyonnaise est riche de groupes divers et variés. Y’a t’il aujourd’hui une politique culturelle qui vous soutient ? Non, absolument pas. C’est là où le bas blesse. La ville ne se bouge que pour la fête de la musique où tu peux facilement trouver un endroit pour jouer. Les petits festivals ne se bougent que via des associations, qui elles, jouent leur vie. Il y a en revanche un paquet de soirées électro, qui ramènent beaucoup de jeunes. C’est plutôt bien pour eux. Mais les jeunes sont manipulés musicalement par les médias et ne connaissent rien au monde du rock. En plus ils n’achètent pas de CD. Aujourd’hui il est plus intéressant pour les groupes de s’exporter hors de la ville, et encore faut-il avoir des contacts pour le faire. Encore une fois, heureusement que certaines assos se bougent, mais même pour elles, je sais que ça devient compliqué. L’idéal serait de créer un lieu exclusivement dédié au rock, Reggae et Métal, consacré à la scène lyonnaise, soutenu par la ville, avec des programmateurs, payés également par la ville, qui ne pensent pas qu’à leur goût personnel, comme dans certains endroits, et qui n’auraient qu’à se mettre en accord avec toutes les assos de ces groupes (qui proposent déjà des plateaux tout fait). Un lieu où un débit de boissons en licence III serait accordé et les bénéfices de ce dernier iraient au lieu, et les entrées, si elles sont payantes, aux assos où aux groupes. De toute façon quand tu fais parti d’un groupe lyonnais et que tu joues à Lyon, tu ne demandes pas la lune.

Si tu voulais dire quelques mots à ton public, là maintenant, que dirais tu ? C’est vous qui faites vivre la musique, pas nous.

Je te remercieMerci à toi Guillaume !

 

 

 

 

 

 

 

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A propos guillaume joubert

Après avoir été rédacteur sur divers sites musicaux comme Rocknfrance, Zikannuaire, Punksociety, Zik'nblog, et animateur d'une émission de radio diffusée sur 12 radios, dont 7 FM, en France, en Belgique et en Suisse, j'ai décidé de reprendre l'écriture sur FranceNetInfos. C'est un plaisir de participer à la diffusion d'informations régionales et nationales, sur des sujets qui me tiennent à coeur comme, entres autres, la culture, le cyclisme et l'environnement.

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