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Qui sera le grand prix de l’édition 2016 du FIBD ?

C’est mercredi 27 janvier à 18h30 au FIBD à Angoulême que sera annoncé le nom du prochain grand prix de la ville d’Angoulême. Rappelons que ce prix couronne un auteur élu par ses pairs et reconnu pour son œuvre et son influence sur le neuvième art. Les trois auteurs encore en lice à l’issu d’un premier tour mouvementé, sont Claire Wendling (Les lumières de l’Amalou), Alan Moore (V pour Vendetta, From Hell, Watchmen) et Hermann (Les tours de Bois-Maury, Jeremiah, Bernard Prince). Si ces deux derniers sont des habitués, ils étaient déjà dans le trio de tête en 2015, la présence de Claire Wendling est en revanche une surprise pour le grand public et son apparition a suscité beaucoup de commentaires et d’émois.

Pour en comprendre les raisons, il faut revenir sur le mode de scrutin de cette élection et des atermoiements des organisateurs pendant ce mois de janvier 2016. Si auparavant le lauréat du Grand Prix était coopté par les lauréats des années précédentes, cela fait quelques années que l’ensemble des auteurs avaient voix au chapitre et pouvaient voter pour le candidat de leur choix au sein d’une liste préétablie par la direction du festival. C’est la liste diffusée cette année qui a posé problème car elle ne contenait aucun nom d’auteures bien qu’un nombre non négligeable d’entres elles y auraient eu leur place. Suite à la levée de bouclier provoquée par cette liste, de nombreux auteurs cités ont demandé à ce que leurs noms soient retirés de la liste. Le festival a alors proposé une nouvelle liste en ajoutant six noms d’auteures à la précédente. Après cette nouvelle maladresse, le festival a finalement annoncé que le scrutin était libre et que les auteurs pouvaient voter librement avec les résultats que l’on connait.

La controverse concerne donc la mise en avant de Claire Wendling, choix mal-compris par une partie des amateurs de BD. En effet, outre que celle-ci est relativement méconnue du grand public, son œuvre dans la bande dessinée pourrait se résumer à une seule série, publiée au début des années 90 : Les lumières de l’Amalou, elle a ensuite pris d’autres chemins d’expression dans l’animation et l’illustration. D’où cette incompréhension quand à son élection à un prix sensé récompenser un auteur majeur du medium.

Claire Wendling
Claire Wendling

Mais alors pourquoi ce choix des auteurs ? Si les premières réactions, pas très inspirées, ont été de dire que sa présence ne s’expliquait que par la polémique, sa condition féminine étant son atout majeur, force est de constater que les propos des auteurs, c’est-à-dire les votants, sont tout autres. Ce qu’il ressort principalement, c’est que malgré la publication d’une seule œuvre en BD stricto-sensu, Claire Wendling a eu une influence majeure et est une source d’inspiration pour beaucoup de ses collègues.

C’est ici qu’apparait une dichotomie entre le public et les auteurs à propos de ce que doit être ce grand prix. Si pour les auteurs, il s’agit de récompenser un auteur qui a eu une influence sur leur pratique personnelle de leur art, pour le public, il s’agit de récompenser un monstre sacré du 9ème art qui tant par la quantité que par la qualité de sa production a su marquer durablement la bande dessinée. Si ces deux visions ne sont pas forcément antinomiques, les noms d’Hermann et de Moore faisant consensus, elle pose problème avec des auteurs plus discrets auprès du public mais non moins talentueux comme Claire Wendling.

Qui veut du Grand Prix ? L’annonce du lauréat mercredi soir sera forcément entachée par ces polémiques mais une autre pourrait vite la remplacer si le vainqueur refuse le prix. En effet, Alan Moore a déclaré en 2014 qu’il refusait de recevoir à nouveau un prix quel qu’il soit, Hermann était sur la même ligne jusqu’à récemment mais il semble avoir infléchi sa position depuis et serait prêt à accepter le prix. Quand à Claire Wendling, devant le torrent de réactions hostiles auxquelles elle a du faire face sans avoir rien demandé à personne, elle a publié un message appelant à ne pas voter pour elle car qu’elle gagne ou non, elle aura forcément le mauvais rôle.

Pour éviter de tels problèmes, pour ne pas prêter le flanc à la critique et pour ne pas mettre en difficulté des auteurs dont le seul tort est d’être reconnu par leurs pairs, le festival gagnerait à éclaircir le mode de scrutin sous peine de voir écorner son image et celle de la bande dessinée. Ainsi un scrutin sans liste de candidat comme cette année semble être une bonne alternative pour une désignation plus sereine à l’avenir.

 

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