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Czeslawa KWOKA, 75 ans après son calvaire !

Czeslawa Kwoka à Auschwitz

Marina Amaral, photographe et coloriste Brézilienne a diffusé avec l’autorisation du « Mémorial Auschwitz », la photo colorisée de la jeune Polonaise de 14 ans, Czeslawa Kwoka, 75 ans après son calvaire.

Ce visuel en couleur depuis le 14 mars, a fait plusieurs fois le tour du monde, chez les internautes, « Google » ayant même enregistré un pic de vues le jour même de la diffusion sur le web ! À la rédaction de France Net Infos, nous avons choisi de vous raconter l’incroyable destin de l’adolescente la plus commentée et partagée sur le web…

Une histoire noyée dans la douleur !

Czeslawa est née le 15 août 1928 à Wòlka Zlojecka, une bourgade agricole, située à l’Est de la Pologne, dans l’agglomération administratif de Zamosc. Durant la seconde guerre mondiale, le gouverneur Nazi de Varsovie (Ludwig Fisher) a surnommé cette région « Himmlerstadt », nous sommes alors dans l’année 1943. Pour bien comprendre l’enjeu de l’histoire, il faut revenir aux sources des engagements SS en Pologne : Dès 1941, c’est Odilo Globocnik chef de la police du district de Lublin, qui sous les ordres personnels de Himmler, va chercher à créer une grande région de colonisation. Le but principal, sera la réalisation du plan général de l’Est.

Découpage du Reich Allemand avec la Pologne

Czeslawa est déportée avec sa mère (Katarzyna Kwoka) dans le camp d’Auschwitz, le père de famille a été exécuté comme beaucoup d’hommes, en Pologne. Les deux prisonnières sont placées, dans une unité spéciale de contrôle des opposants politiques, elles ont été acheminées dans un convoi exclusivement composé, de 318 femmes afin d’être internées dans le camp de concentration, l’histoire précise que c’est exactement le 13 décembre 1942.

Les Allemands ont recensé les habitants de Zamosc en 1942 en 3 groupes : 65% de Polonais, 25% d’Ukrainiens et 10% de Juifs. Himmler imagine un plan diabolique, en plaçant 50 000 « Volksdeutshe » (Allemands) dans la région de Lublin & Zamosc. Dès lors, en novembre 1942, il fait expulser 50 000 Polonais par la SS, les villages sont envahis par les troupes militaires, et les habitations sont vidées !

Wilhem Brasse

Le village de la jeune Polonaise (Czeslawa) fait de la résistance (ne souhaitant pas partir de leur région), ce qui n’empêche pas les Allemands de poursuivre le plan d’épuration. La mère de la jeune déportée mourra le 18 février 1943 à Auschwitz et Czeslawa le 12 mars 1943, par une injection de phénol en plein cœur, en ayant subi des coups de bâtons de la surveillante en chef du « Block n°6″. Le camp de Auschwitz-Birkenau précipite les exécutions, c’est le prisonnier Wilhelm Brasse (Polonais parlant l’Allemand) qui fera les clichés (40 000 à 50 000), lui-même subissant les ordres des SS, il a pu néanmoins conserver des images de prisonniers, dont la photo de la jeune Polonaise Catholique réalisée quelques minutes avant son exécution. Cette photo avait d’ailleurs en 2007, inspiré une œuvre baptisée « Peinture Czeslawa Kwoka« . Le photographe disparu en 2012 avait dit « Cette jeune fille très jolie, était si terrifiée par l’univers dans lequel nous étions, que son regard m’a hanté toute mon existence ! ». Conscient des atrocités du SS Maximilian Grabner (le bourreau d’Auschwitz) et ayant du mettre son savoir faire de photographe aux ordres du célèbre Joseph Mengele, Wilhelm Brasse n’a pu intervenir car sa vie lui-même était comptée !

Pourquoi cette photo est émouvante ?

Le cliché original de la jeune déportée Polonaise

Patrick Boucheron, ce vendredi 16 mars est revenu sur les explications du cliché, dans l’émission de France Inter de Sonia Devillers. « L’histoire est l’art de se souvenir et ce dont les femmes et les hommes, en société sont capables », cette phrase de l’historien illustre parfaitement, le contexte de cette photo à l’origine en noir & blanc, qui mise en couleur interroge notre regard, en évoquant le passé. L’outre-tombe refait surface, la modernité de la mise en lumière indique que cette jeune fille est toujours présente, au fond elle pourrait être un membre de notre famille. La couleur, rehausse le ton de la photo, elle inspire le temps présent et nous adresse un message subliminal contemporain, les yeux noirs de Czeslawa évoque la peur, la détresse et le grand malheur d’une époque !. Le format en « photomaton » est si proche de nous, par son côté identitaire, qu’il ressuscite une époque, une plaie qui ne se referme pas.

Eric Fontaine 

A propos eric Fontaine

Après des études de commerce (EDC) et de journalisme (Studio Ecole de France) j'ai commencé ma carrière comme Responsable de la Communication (FUN RADIO MONTPELLIER) et ensuite dans la publicité visuelle (Avenir Affichage) et imprimeries...Depuis 2007, je consacre une partie à la réalisation de reportages (videos, court-métrages, interviews) pour le web (Blogs, Youtube, Dailymotion) et France Net Infos !.Depuis 2014 j'ai couvert les événements cinématographiques du Cap Spartel Film Festival à Tanger (Maroc).Depuis 2010 j'effectue des modules Web sur le Festival International du Film de Marrakech (Tapis Rouge) et sur "Cinémed" le festival de Montpellier.Concepteur de clips je réalise des "snapshots" pour les auteurs compositeurs, et des captations pour le théâtre (déplacement en France et à l'étranger).

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2 commentaires

  1. Urszula Vittoriani

    Monsieur Fontaine, De quelle source avez-vous l’information que le village de Czeslawa faisait de la résistance ( d’où ,on pourrait supposer, leur internement dans le camp en tant que prisonnières politiques.
    Non monsieur, elles ont été assassinées car l’Allemagne voulait récupérer leur territoire pour les Allemands et Czeslawa et sa mamam étaient inaptes pour les traveaux forcés et comme tous les plus fragiles ont été assassinées

    • Vous n’avez pas lu correctement l’article, les Allemands ont exécuté des villageois qui bien entendu, s’opposaient à cette rafle « ethnique et politique ». Les hommes n’ont pas pu lutter contre les troupes SS (la bataille de Kock,au Nord-Ouest illustre l’opposition des troupes Polonaises de 18 000 hommes), les femmes et les jeunes filles, mises en convois ont du travailler de force effectivement dans des usines, pour le III° reich…L’histoire fait part de prisonnières politiques, Czeslawa et sa maman ont du effectuer des taches, dans des centres de « travaux forcés », et pour éliminer toutes traces, avant que les Russes libèrent le camp, des tueries en masse sont ordonnées par les officiers en poste, voilà pour un résumé, de cette barbarie planifiée. Pour cette raison, et pour la mémoire de cette tragédie, j’ai écrit cet article dans sa généralité, peu importe le détail de savoir dans quelles conditions l’internement avéré de ces femmes a été notifié !

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