« Les 1001 vies des urgences » c’est l’aventure des petites anecdotes de Baptiste Beaulieu, médecin et écrivain, qui les relate sur son blog « Alors, Voilà » depuis 2012. Avec plus de huit millions de visiteurs, ses petites histoires, toutes vraies, ont fait leur chemin jusqu’au monde de l’édition. Après la publication du roman « Alors, voilà. Les 1001 vies des urgences » chez Fayard en 2013, ces anecdotes trouvent leur style sous le crayon de Dominique Mermoux avec la sortie de la BD en 2017 chez Rue de Sèvres. Depuis hier, c’est sur les planches de la Comédie Odéon et au travers d’un Axel Auriant inépuisable que l’histoire, adaptée par Flavie Péan, prend corps. J’ai assisté à la première de ce jeune prodige, et je vous explique pourquoi il faut vous ruer au théâtre pour voir cette pièce époustouflante.
19h. La salle de quelques 300 places de la Comédie Odéon à Lyon est bien remplie. Arthur Jugnot, metteur en scène des « 1001 vies des urgences », fait faire l’avion aux spectateurs bien sages que nous sommes. La pièce n’a pas encore commencé que l’on rit déjà. Une belle promesse qui sera, évidemment, tenue.
L’histoire
“Les 1001 vies des urgences”, c’est l’histoire de Baptiste, jeune interne aux urgences, qui s’attache à la patiente de la chambre 7. La femme oiseau de feu – comme il aime la nommer – est mourante. Et ceux qui ont peut-être le plus peur de la mort sont les soignants eux-mêmes. Refusant que sa patiente meure avant l’arrivée de son fils, il se lance dans une course effrénée pour la maintenir éveillée. Durant sept jours, il lui raconte la vie des urgences. Les petites histoires rigolotes, les anecdotes honteuses, les scènes tristes qui se déroulent sur les lits des malades… Sans aucune cohérence mais avec tout son cœur, il lui conte ces histoires qui font partie de son quotidien. Son seul espoir, la faire rire et manger. Sa seule urgence, trouver toujours plus d’anecdotes, qui sonnent bien différemment pour lui que pour elle, et pour nous. « Avant que sa maladie la tue, je la ferai mourir de rire ! »
La pièce

Le jeu

La multiplicité des medium
“Les 1001 vies des urgences” est un véritable roller coaster d’émotions. C’est d’ailleurs un honneur de les partager avec Axel Auriant, véritable maestro de sa discipline. Car en plus d’être un excellent comédien et musicien, il expose ses prouesses à la marionnette. Il semble manier le corps de la patiente de la chambre 7 avec une aisance déconcertante. Et croyez-moi, en tant que lyonnaise ayant grandi dans le berceau du théâtre Guignol et pratiqué la marionnette sous toutes ses formes, c’est un art bien loin d’être facile, d’autant plus quand elles sont à taille humaine. Mais rien n’est trop ambitieux pour Axel Auriant qui relève le défi haut la main et transforme cette statue de papier en véritable personnage vivant.
« Seul » en scène ?
Entre ses récits et des parenthèses à la fois drôles et éducatives sur le milieu hospitalier ou encore sur ce qui nous attend après la mort si l’on a pas été sage, la réalité de la médecine n’a jamais été aussi captivante. Mais « Les 1001 vies des urgences » ne regroupe pas que les petites histoires de Baptiste. C’est donc tour à tour Frottis, Blanche, Chef Viking et autres personnages campés par le comédien qui racontent leurs anecdotes. Il incarne pas moins d’une dizaine de personnages différents, en leur attribuant des caractéristiques propres. On regrettera cependant un aspect un peu caricatural dans son interprétation de Blanche et de Frottis, mais tous le sont au final et on en rigole bien. N’est-ce pas là aussi toute la magie du spectacle, d’être capable de personnifier une multitude de personnalités et de voix avec pourtant un seul corps ? Car il nous laisse avec une interprétation vivante, authentique, remplie de véracité, d’entrain et d’énergie de ces petits récits de vie.
En bref
Un incontournable ! Le public qui se lève pour une standing-ovation à la fin en est une preuve plutôt fiable. Dépêchez-vous de prendre vos places pour venir admirer le travail. Des jeux de lumières intéressants, de nombreuses références rigolotes, et une variété de médiums rendent la pièce encore plus interactive. Des instruments cachés sur scène aux interventions vocales et musicales, de la pratique de la marionnette aux pas de danse, de l’interaction avec le public au dynamisme inépuisable d’un jeune homme qui emplit sa scène de son énergie. « Les 1001 vies des urgences » est un véritable spectacle vivant porté par un petit gars dont les batteries semblent inusables. Un vrai plaisir pour les yeux et pour le cœur, on ne s’en lasse pas. Et pour preuve, j’y retourne jeudi pour me régaler à nouveau.
Et la suite ?
Axel Auriant a beau être un jeune prodige de l’art dramatique, il est bien loin du débutant ! Il n’a clairement plus à faire ses preuves. Au lendemain des Molières 2019, il a encore une fois prouvé qu’un grand avenir l’attend. « Les 1001 vies des urgences », après plus de 220 représentations de sa pièce « Une vie sur mesure » prolongée plusieurs fois, est le début d’une nouvelle aventure pour lui. Il en réalise une prestation époustouflante à la hauteur des plus grands comédiens. Il n’a clairement rien à envier aux meilleurs, et c’est sans aucun doute que l’on entendra, dans les prochaines années, son nom à la cérémonie des Molières.
Pour voir la pièce :
Du 14 au 24 Mai 2019 à 19h à la Comédie Odéon à Lyon (du Lundi au Samedi) : billetterie ici
À noter : la représentation du mercredi 22 Mai sera suivie, à 20h30, d’une séance de dédicaces de Baptiste Beaulieu.
Du 5 au 28 Juillet 2019 à au Théâtre des Béliers à Avignon (relâche les 10, 17 et 24/07) : billetterie ici
Tournée prévue en France en 2020
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