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PONTE CITY : Autopsie d’un rêve architectural en Afrique du SUD

 

Un édifice en ruine, une carcasse de béton armé qui se dresse ironiquement au loin, sur la ligne des toits de Johannesburg en Afrique du Sud. Ponte city, un défi architectural abandonné et délaissé par les investisseurs à cause de la crise de 2008, une sorte tragédie humaine qui rappelle l’histoire biblique de la Tour de Babel, lorsque l’homme à voulu s’élever mais que Dieu lui a rappelé d’où il venait.

Lors de sa construction en 1976, tous présageait Ponte City à devenir la tour immobilière dans laquelle il fallait investir. Et pour cause, un emplacement idyllique, un projet immobilier d’envergure avec plus d’espace qu’il n’en fallait pour loger la nouvelle classe sociale émergente. Mais l’urbanisme de l’Apartheid a mis Ponte City à l’écart du succès, et rapidement les alentours de la tour sont abandonnés et laissés à la population noire, chassée de toutes parts.

Ponte City devient alors malgré elle l’emblème d’une société en décrépitude et des aléas du temps qui la rendent laides et peu avenantes. De plus, une véritable légende urbaine commence à entourer le batiment et des histoires sordides de prostitutions, de trafic de drogue et de meurtres achèvent la réputation de Ponte City .

Mais en 2007, la tour est racheté par des investisseurs immobiliers qui veulent en faire le nouveau rêve de la population d’étudiants et de jeunes couples du pays. Mais fin 2008, leur ambitieux projet n’est plus que poussière et gravât. C’est la faillite pour les promoteurs qui avaient promis d’investir trois cent millions de rands dans la renaissance de Ponte.

Les deux photographes ont commencé à suivre l’équipe du renouveau de Ponte en 2008 lorsque les travaux se déroulaient normalement. Selon leurs dires le bâtiment ressemblait à une « coquille vide »dont la moitié inférieure avait été vidée alors que les étages supérieurs accueillaient une population clairsemée.

Mickaël et Patrick découvrent avec intérêt les nombreux appartements fuit à la hâte par les anciens résidents qui furent délocalisés par les promoteurs. Le plus souvent leurs appartements furent saccagés ou pillés. Et les traces de vie sont encore là, placardées aux murs décrépis tels les vestiges d’une histoire, et d’un passé commun à Ponte.

Des photos de proches, des examens scolaires, ou encore des publicités pornographiques sont capturés par l’équipe. Cela est exposé sur un grand mur, qui ressemble à un puzzle d’histoire. On ne peut pas s’empêcher de sourire devant les cartes de marabouts, ou les lettres d’amour enfantine retrouvés à la va-vite.

Le reportage photo est intéressant, on réussit à capter et à comprendre grâce à l’intensité des clichés, le contraste saisissant d’une population morcelée et recluse lors de l’Apartheid. L’un des exemples les plus criants remarqué par un des photographes est le dernier étage de la tour, qui servait de cabines de bain pour la grande piscine de Ponte. On y lit avec effroi « Européen woman », preuve que le racisme était encore présent, mais caché, presque invisible d’extérieur mais bien présent dans les cœurs.

Du 23 janvier au 20 avril 2014 au BAL, 6 impasse de la Défense 75018 Paris

Par Mickael Subotzy & Patrick Waterhouse

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