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Un beau dimanche: Un long métrage mystérieux empli de splendeur

Interview: La réalisatrice du film Un beau dimanche, Nicole Garcia, se confie en présence des deux acteurs principaux, interprétés, par Louise Bourgoin et Pierre Rochefort, sur son prochain long métrage en salle le 5 février prochain.

L’équipe du film Un beau dimanche. De gauche à droite, Louise Bourgoin (à gauche), Nicole Garcia (au centre) et Pierre Rochefort (à droite)

Nicole Garcia est une des réalisatrices du cinéma français qui avec peu de réalisation a su avec sa plume et son oeil embellir la cinémathèque tricolore. Huitième réalisation de l’actrice-réalisatrice et scénariste, Un beau dimanche, est un film mystérieux où sentiments et émotions ne s’expriment pas avec des mots mais avec des gestes. L’immersion est totale et le spectateur est vite épris par l’histoire des deux protagonistes principaux, Sandra et Baptiste, qui se dévoile au fur et à mesure que la bobine avance. La passivité est exclue au profit d’une profonde réflexion sur le passé de chacun. Sandra, interprété par Louise Bourgoin, est serveuse sur une plage près de Montpellier, tandis que Baptiste, joué par Pierre Rochefort, est instituteur dans le sud, vagabondant dans la France entière. Un couple se forme autour de l’enfant de Sandra, Mathias, également élève de Baptiste, qui les unis inlassablement, et qui ainsi, ouvre l’accès progressivement au passé tumultueux et tragique des deux protagonistes sur fond de menace imminente sur sa mère pour ne pas avoir remboursé l’argent qu’elle doit à ses créanciers, et d’aide de la part de Baptiste pour l’aider à s’en sortir. En somme, une histoire qui peu sembler dépourvue d’originalité, et pourtant il n’en est rien, de part l’interprétation remarquable des deux acteurs principaux à la fois authentique et sincère et du mystère qui les entoure. Il en vient que ce n’est pas une histoire d’amour, à l’eau de rose, stéréotypée comme peu le montrer parfois le septième art, mais une histoire bien au-delà que ce que peut imaginer le spectateur en lisant le synopsis. Dépourvu de longueur, Un beau dimanche, se laisse admirer sans mal avec ses cadres majestueux qui suscite la rêverie. En un mot, Nicole Garcia signe le premier coup de coeur français de l’année.

 

 

France Net infos : Nicole Garcia, vous signez de votre plume et de votre oeil, Un beau dimanche, un long métrage d’une extrême intensité, à la fois mystérieux et prenant dans lequel le spectateur rentre sans mal. Quelle est selon vous les outils qui ont permis cette parfaite immersion ?

 

Nicole Garcia: Quand c’est réussi un film, c’est que d’un coup ce que nous proposons à l’écran est la vie plus fort que la vie. On s’oublie, qu’elle chance pendant un moment, pour être dans quelque chose qui vous est proposé. Mais pour ça il faut effectivement, beaucoup de travail, quoi que c’est un mot un peu trivial, mais il faut que ce qui vous est proposé comme monde pour vous immerger soit juste, qu’il ait une identification possible pour que vous puissiez faire cette plongée. Il faut croire à ses personnages, que l’on croit à ses conflits. En l’occurrence durant ces trois jours, ce week-end de trois jours, on croit à ce bouleversement pour ces deux personnages, qui en principe avec une rencontre amoureuse prend des jours, des semaines et là, tout va se jouer en trois jours. Il y a un précipité de sentiments, d’événement et je crois aussi que ce dont on cherche à écrire est une question de sentiment avec une grande tension dramatique. Oui, je crois que la tension dramatique est plus que les mots, elle est le moteur des identités des personnages. On les comprend par leurs actions, par la tension. Voilà, j’aime raconter des films avec une tension dramatique, j’aime le récit et le côté « et alors de l’histoire ». C’est ma légitimité, ça me rassure moi-même et c’est ce que j’aime aussi comme spectatrice. J’aime l’histoire, une histoire. Un personnage et des histoires.

 

France Net infos: Comment définiriez-vous la relation entre Sandra et Baptiste ?

 

Nicole Garcia: Sandra a tout compris, le regard qu’elle a pendant tout le temps qu’elle parle moins, puisqu’elle parle au début d’une manière assez naturelle. Mais à la fin, pendant la seconde partie du film, c’est son regard, le regard qu’elle a sur ce monde, elle comprend beaucoup de chose de lui, de l’enfance qu’il a pu avoir et ça la rapproche encore plus de lui. On sent qu’ils sont allés l’un vers l’autre.

 

France Net infos : Pierre, Louise, vous interprétez les deux personnages principaux avec justesse et authenticité. Ces rôles ont-ils exigé un gros travail sur vous ?

 

Pierre Rochefort: J’ai eu l’impression que la réserve et le silence ont été un peu mes deux meilleurs amis et il fallait que je construise tout le reste, mais j’avais déjà ça comme force. Après, il fallait surtout que l’on sente l’envie de Baptiste de vivre, d’être souriant, de trouver sa place et cette combativité que l’on ne peut pas exprimer par les mots mais qu’il fallait sortir par le jeu, par les paroles, par le bais de cette rencontre amoureuse.

 

Louise Bourgoin: Ce ne sera jamais un film de plus, ça sera toujours un film particulier pour moi parce qu’il a fait écho à plein de choses de ma vie personnelle, ça m’a rappelé des moments où je passais un week-end sur deux de chez ma mère à chez mon père, c’était vraiment deux milieux radicalement opposés. Je me souviens d’avoir appartenu ni à l’un, ni à l’autre, et que cet aspect chez Sandra est très fort, qu’elle ne se sente pas vraiment à sa place. La philosophie du film était aussi très importante pour moi, cette espèce du refus du superflus, leur choix à tous les deux.

 Votre correspondant de presse à Cannes et à Toulouse, Christophe Carugati

 

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