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My Old Lady : un film d’Israel Horovitz en salle le 6 mai prochain

Porté par un casting de rêve, My Old Lady est à voir à partir du 6 mai prochain
Porté par un casting de rêve, My Old Lady est à voir à partir du 6 mai prochai

Qui ne serait pas heureux d’hériter d’une maison d’environ 600 mètres carrés en plein cœur du Marais ? Eh bien Mathias (Kevin Kline), lui, ne l’est pas. Tout juste la cinquantaine, ce new-yorkais divorcé et sans ressources espérait tirer gros de cet héritage, jusqu’à ce qu’il apprenne qu’il hérite en même temps d’un contrat un peu particulier : le viager. Aubaine pour les uns, immoral ou risqué pour les autres, le viager lui impose en tout cas la présence de Mathilde (Maggie Smith), une vieille dame de 92 ans et de sa fille Chloé (Kristine Scott Thomas). Si cette intrigue frappe par son originalité, il s’agit en réalité de l’adaptation d’une pièce de théâtre qui a rencontré son public à New-York en 2002 avec Siân Phillips dans le rôle de Mathilde, Peter Friedman dans celui de Mathias et Jean Maxwell dans celui de Chloé. La pièce a ensuite dépassé les frontières américaines pour séduire l’Allemagne et la Russie, mais aussi la France sous le titre Très chère Mathilde, avec Line Renaud.

Une situation cocasse à la source du rire

Pour bénéficier pleinement de son très coûteux logement, Mathias doit attendre que Mathilde meurt. S’en suit alors une série de situations drolatiques, de dialogues savoureux teintés d’un léger (mais très efficace!) humour noir. Puisque le bonheur de cet américain pragmatique et sans le sou dépend si étroitement – et si légalement – de la mort de Mathilde, un duel, qui réussit la prouesse d’être à la fois morbide et charmant, terrible et amusant, se met en place entre les deux protagonistes.

Un pari à Paris

Ce pari sur la mort se déroule à Paris. Dès les premières secondes on comprend que Paris est un personnage du film. Des noms de rues défilent, des panneaux typiquement parisiens sont filmés en gros plans. Le spectateur est immergé dans le cadre parisien et en devient presque parisien lui même. On admire la beauté de la capitale subtilement filmée par la caméra d’Israel Horovitz. Mais on se rend compte aussi que ce Paris est un microcosme, qui fonctionne comme un point de convergence où se rencontrent différents lieux : l’Amérique de Mathias, l’Angleterre de Mathilde et la France bien sûr. Ceux sont aussi différents temps qui se heurtent : le passé et le présent des personnages, et la possibilité ou non de construire un futur dans cette ville de Paris finalement si composite.

Du rire au drame

Ainsi, sous la joie apparente de dialogues vifs et comiques, se cache des profondeurs tragiques. En douceur, on quitte l’humour pour ne garder que le noir d’un drame familial qui se noue sous nos yeux. Le film s’arrête sur les deux destins brisés de Mathias et Chloé, victimes collatérales de l’infidélité de leurs parents. Le viager, s’il entraîne le personnage dans une situation singulière , est en réalité l’objet qui rend possible le retour sur cette tragédie familiale. Selon l’avis du réalisateur lui même, ce film  »est assez drôle, puis lentement mais sûrement vous y trouvez quelque chose de très sérieux pour enfin se dérider à nouveau. » Si Mathias ne comprend pas ce contrat viager typiquement français, ce dernier, contre toutes attentes, l’aide à se comprendre lui même, à se reconstruire malgré une famille déconstruite.

Sur cette contractualisation des relations humaines Balzac avait déjà montré l’importance d’un petit bout de papier, griffonné de termes juridiques jargonnants, dans Le Contrat de mariage. Il montrait déjà que la logique du droit, mais aussi de l’argent, venait s’immiscer au sein de relations intimes, jusqu’à finir par les régir et parfois les modeler. Ici, ce rapprochement des personnages provoqué par le contrat, permet en plus d’éclairer leur vie, même si cela nécessite de passer par les larmes.

Un film à voir

De ce premier film d’Horovitz, on retiendra aussi un respect du dialogue propre au théâtre et l’expression de plusieurs perles (it’s a pity we didn’t meet before we were born), la facilité avec laquelle on passe de la joie à la tristesse, sans pour autant perdre le comique du film qui demeure en filigrane. Mais il faut évoquer aussi le jeu de ce trio remarquable, toujours juste et précis quel que soit le registre, toujours capable de faire rire mais aussi d’émouvoir le spectateur, avec peut-être une mention spéciale pour l’élégante Maggie Smith.

En définitive, My Old Lady se révèle être bien plus que l’évocation d’une cohabitation imposée avec une vieille femme encombrante : s’il nous apprend à rire de la mort, il nous apprend aussi à réfléchir sur la vie.

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