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Sur la Piste du Marsupilami: interview d’Alain Chabat & Aïssa Maïssa.

Sur la Piste du Marsupilami est le nouveau film d’aventures d’Alain Chabat dont la sortie est prévue le 4 avril 2012. Basé sur le célèbre personnage de bande-dessinée créé par Franquin, le Marsupilami est adapté pour la première fois en long-métrage. Cette comédie regroupe à l’écran le réalisateur, Jamel Debbouze, Fred Testot, Géraldine Nakache, Patrick Timsit et Aïssa Maïssa. Le film invite à se plonger dans un univers particulier et propre à Alain Chabat et suscitera la fascination des amoureux de l’image, des couleurs et de l’esthétique. Alain Chabat et Aïssa Maïssa ont répondu à nos questions.

Synopsis:

« Quand Dan Geraldo, reporter en quête de scoop, arrive en Palombie, il ne se doute pas qu’il va faire la plus incroyable des découvertes… Avec Pablito, guide local plein de ressources, ils vont aller de surprise en surprise au cours d’une aventure trépidante et surtout révéler une nouvelle extraordinaire : Le Marsupilami, animal mythique et facétieux, existe vraiment !!! »

Alain Chabat & Aïssa Maïssa

Pouvez-vous nous expliquer, le Marsupilami vient de Palombie, dans le film cela a été tourné au Mexique mais il est né en Belgique ?

Alain Chabat : Le Marsupilami a été découvert par Franquin qui est un auteur belge mais le Marsupilami vit en Palombie, à l’ouest du Vénézuela. Et le film a effectivement été tourné en partie au Mexique.

La situation politique de la Palombie était-elle trop compliquée ?

Alain Chabat : Il y a peu d’équipes de cinéma sur place, en Palombie. Il y a de très bonnes équipes de cinéma au Mexique et il y avait un film de cinéma à faire, nous avons choisi le Mexique pour cela.

Aïssa Maïssa : Je crois aussi qu’étant donné la situation politique en Palombie qui est quand même très grave, arriver avec notre équipe aurait été dangereux. Le film comporte des clins d’œil à une véritable remise en question du totalitarisme en Palombie.

Vous avez utilisé une palette chromatique très large dans l’image, est-ce un hommage à Franquin ?

Alain Chabat : Ca me fait plaisir que vous le remarquiez, c’était en effet une volonté de faire un film très coloré, ensoleillé et lumineux. Le Mexique est extraordinaire pour cela, j’incite tout le monde à y aller. Les maisons, les murs, les fleurs inspirent, c’est un pays qui ose les couleurs. On a recrée à partir de ces décors la jungle, au plus proche de ce que Franquin a dessiné dans ses bandes-dessinées.

N’y a-t-il pas une frustration de la part de la comédienne Aïssa Maïssa qui n’a finalement pas été au milieu de ses paysages puisqu’elle a tourné en studio ?

Aïssa Maïssa : Je vais être tranchante ! (rires). Alain Chabat est allé tourner cinq semaines à Chiquito avec toute une équipe de gens heureux qui sont revenus bronzés et qui m’ont nargué comme j’ai tourné en Belgique, en studio en janvier dans le froid et la pluie ! Oui j’avais les boules ! (rires)

Cela vous a-t-il aidé a aidé ce personnage qui n’est pas très sympathique ?

Aïssa Maïssa : Je ne sais pas si elle n’est pas sympathique, en tout cas elle est extrêmement professionnelle, ce qui parfois peut la rendre un peu froide. Il y a une scène de colère où j’insulte Alain et le traite d’incapable. C’est une femme qui laisse peu de place à l’erreur.

C’est un film extrêmement travaillé, rigoureux, précis, l’écriture du scénario vous a pris beaucoup de temps pour construire tous les rebondissements. Cela semble avoir été un travail colossal ?

Alain Chabat : Oui, j’espère que c’est fluide. C’était très agréable à écrire et à construire de façon à ce que cela soit le plus divertissant possible. Cela prend du temps mais c’est surtout du plaisir et marrant dans tous les domaines : les décors, le maquillage, tout le monde a eu de quoi s’occuper et s’amuser. C’est un travail avant tout collectif de deux cents personnes !

Pour le Marsupilami, le travail de Franquin est inimitable, c’est un maître du mouvement dans ses dessins et  particulièrement dans les dessins d’animaux comme le chat-poisson. C’est un dessinateur animalier exceptionnel. J’ai essayé au mieux de trouver cette énergie créatrice.

Le Marsupilami du début à la fin reste un animal, je voulais le rendre crédible, non pas réaliste, mais il est possible de croire en ce monde recréé. Et puis chaque personnage est très typé.

Pouvez-vous nous parler de la scène entre Jamel Debbouze et le chien ?

Alain Chabat : En l’écrivant nous avons ri avec mon co-scénariste tout en se demandant si cela ferait vraiment partie du film ou pas. Jamel m’a dit « Je tourne ce film pour cette scène ! ». Nous l’avons tournée mais je ne savais toujours pas si j’allais l’intégrer au montage, je voulais voir la réaction d’enfants avant. J’ai montré le film pas tout à fait terminé à des enfants petits et plus grands. Ils étaient morts de rire et ont validé cette scène en disant que c’était très drôle.

Quel genre de directeur est Alain Chabat sur un plateau ? Faut-il respecter les dialogues au mot près ?

Aïssa Maïssa : c’est très chorégraphié, très écrit et très préparé mais tout peu changer à chaque instant ! Les dialogues continuent de changer entre les prises, il faut être très alerte.

Aïssa Maïssa

Qu’est-ce qui vous a amené à ce projet dans La Piste du Marsupilami ?

Alain Chabat tout simplement. J’adore ce qu’il fait en tant que comédien, que réalisateur, son univers, sa personne. Et puis cela m’amusait de faire ce personnage de Clarisse.

Le fait d’avoir un second rôle à côté d’un casting populaire vous a-t-il frustrée ?

Oui frustration vous avez raisons ! (rires). Mais j’ai joué avec le Marsupilami en duplex, je jouais un peu dans le vide, je ne savais pas encore à quoi il allait ressembler. Mais cela était intéressant.

Comment vous positionnez-vous par rapport au personnage que vous interprétez ? Lui ressemblez-vous dans la vie ?

Non pas du tout. Pour le coup c’est vraiment de la composition parce que je ne suis absolument pas dans ce rapport là à l’autre. Je suis quelqu’un qui sait prendre des initiatives, je crois que je sais communiquer mes envies mais être quelqu’un de froid comme Clarisse j’en suis incapable. Je veux toujours que tout se déroule bien avec les personnes, faire la fête, qu’on rigole ! (rires)

Comment vous-êtes vous préparée à ce rôle ? Avez-vous rencontré des patrons pour vous inspirer ?

Non, j’avais en tête des images de journalistes. Je n’ai pas essayé de copier ou de reproduire quelque chose en pensant à des personnes existantes. Mais il y a des gens qui sont  naturellement venus à mon esprit, plutôt des femmes très féminines, de tête, dont on sent qu’elles n’ont absolument pas froid aux yeux ou peur d’aller sur le terrain. Je voyais quelqu’un de très sensuel et une femme de caractère.

Quelles étaient vos lectures étant petite ?

Le Marsupilami pas du tout. C’était plutôt mon petit-frère qui regardait des dessins animés mais je n’avais pas d’affinité particulière avec le Marsupilami auparavant. Cependant j’ai soutenu ce film, j’ai marché en tentant de donner quelque chose de généreux.

Votre premier parcours a été le théâtre, est-ce que vous y jouez toujours ?

Je continue le théâtre, je vais jouer à la saison prochaine. Je suis allée vers le cinéma car  j’adore cela mais je ne me vois pas à longueur d’année absente de la maison le soir, loin de mes enfants.

Êtes-vous tentée de devenir réalisatrice ?

Non, ce qui me plaît beaucoup c’est l’écriture et initier des projets, trouver des auteurs.

Y a-t-il un réalisateur avec qui vous avez envie de travailler ?

Il y en a plein. En France mais aussi à l’étranger, il n’y a pas de frontières pour moi et la barrière de la langue est franchissable. Par la suite j’imagine quelque chose de très ouvert, sans barrières géographiques et culturelles.

Vous avez été nommée une fois pour le César, allez-vous le regarder ?

Je ne pense pas que je vais le regarder. A côté de cela je suis contente de voir des gens que l’on ne connaît pas émerger, comme le meilleur espoir féminin, voir quelqu’un naître comme ça et puis cela donne envie de revoir les films.

Propos recueillis par J.T.

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