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DJAM : Tony Gatlif évoque la Grèce et l’exil

DJAM film de Tony Gatlif

Le cinéma de Gatlif poursuit sa quête de l’humain, son cheminement musical, et nous procure une initiation en chants et sonorités issus du Rébétiko, un genre musical apparu en Grèce dans les années 20.Ces notes rhizomatiques qui font le pont entre l’orient et l’occident forgent l’identité et la singularité de Djam.

Synopsis : Djam, une jeune fille grecque par ses origines, part rejoindre son oncle « Kakourgos » pêcheur reconverti dans la visite touristique des derniers touristes de l’île de Lesbos. Sous fond de crise économique de ce pays et des migrants de la Méditerranée, le bateau des promenades en panne, Djam aura pour mission de partir en Turquie, pour faire réparer la bielle du moteur. Sur son chemin, elle rencontrera « Avril » une jeune Française seule sans argent, plaquée par son compagnon, à deux elles découvriront différentes sociétés, jusqu’au retour à Mytilène !

Daphné PATAKIA & Tony GATLIF

Simon Abkarian jouant l’oncle de Djam est passé de l’Arménie (son pays d’origine) à la Grèce, son personnage du « pater » forme le socle de l’histoire. « J’ai choisi cet acteur, car son physique et sa stature évoque le voyage, on ne sait pas d’où il vient…Il pouvait être complètement crédible en chef de famille Grec, en pêcheur ruiné par les banques ! » disait Tony Gatlif au micro d’Inter en cette fin de mois de juillet.

Djam, célèbre la Méditerranée et c’est l’actrice Grecque Daphné Patakia vivant à Bruxelles, qui incarne le personnage central du film « Daphné était trop jolie pour interpréter Djam, je le pensais vraiment au début de notre rencontre, c’est sa démarche à la Charly Chaplin qui m’a séduit (rire du public), ensuite je lui ai demandé de travailler le chant, la danse orientale et en plus je lui ai demandé de jouer du Baglama grec…C’était compliqué car elle n’avait que 7 mois pour me prouver qu’elle était bien l’héroïne de mon film ! » précisait le réalisateur au cinéma Sémaphore de Nîmes, devant un public conquis. 

Daphné qui avait tourné dans plusieurs longs métrages et courts métrages à Athènes s’est mise à bosser son rôle, le résultat est époustouflant, elle rentre bien dans la lignée des comédiennes de Gatlif comme Rona Hartner, Loubna Azabal, Céline Sallette ou encore Nailia Harzoune !

Tony GATLIF à Nîmes

Le réalisateur qui a tourné Djam en chronologie pour les scènes du film précise « J’ai filmé l’histoire au fur et à mesure du déroulé des scènes, au pays du shâm ce territoire appelé comme ça au XIXème siècle qui allait du canal de Suez à la Turquie, déjà les pêcheurs grecs portaient secours aux voyageurs en mer, j’ai posé ma caméra aux frontières, entre l’orient et l’occident ! ». Ce road movie se regarde comme une initiation aux textes musicaux qui parlent de la souffrance des peuples, du déracinement…C’est l’essentiel du rébétiko qui relate les comptines de ces temps anciens. Cette symbolique Tony Gatlif l’a mise au goût du jour avec les migrants (sans les filmer), la crise économique en Grèce. Bien sûr le réalisateur reste l’indigné qui anime son cinéma « Lors des attentats de Paris, je voulais rendre hommage aux gamins partis injustement dans les tueries, je ne voulais pas rentrer dans le pathos d’une situation qui m’a moi-même plongé plusieurs mois dans la dépression, la musique était la seule réponse pour affirmer notre liberté ! » soulignait le réalisateur qui d’ailleurs habite dans le quartier proche du Bataclan.

Quand on sort de la séance de cinéma, on pense aux musiciens comme Stimane Azem ou Mohamed el Kamel, ces chansonniers des années 20 mêlant la musique Arabo-Andalouse aux chants Tziganes et au Jazz le tout se rapprochant du soufisme religieux par les incantations sonores.Djam par son histoire incarnée par Maryne Cayon (Avril) et Daphné Patakia (Djam) ouvre la voie de cette rédemption qui nous ramène à cette logique : Faire le bien , oeuvrer pour une humanité plus généreuse et accueillante ! Voilà tout le secret du film (sortie le 9 août) dont vous pourrez retrouver la fiche technique sur http://www.filmsdulosange.fr

Eric Fontaine

 

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A propos eric Fontaine

Après des études de commerce (EDC) et de journalisme (Studio Ecole de France) j’ai commencé ma carrière comme Responsable de la Communication (FUN RADIO MONTPELLIER) et ensuite dans la publicité visuelle (Avenir Affichage) et imprimeries…Depuis 2007, je consacre une partie à la réalisation de reportages (videos, court-métrages, interviews) pour le web (Blogs, Youtube, Dailymotion) et France Net Infos !.Depuis 2014 j’ai couvert les événements cinématographiques du Cap Spartel Film Festival à Tanger (Maroc).Depuis 2010 j’effectue des modules Web sur le Festival International du Film de Marrakech (Tapis Rouge) et sur « Cinémed » le festival de Montpellier.Concepteur de clips je réalise des « snapshots » pour les auteurs compositeurs, et des captations pour le théâtre (déplacement en France et à l’étranger).

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