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Inophis, un guitariste à découvrir d’urgence

Inophis5Si on évoque le succès d’artistes français à l’étranger, on évoquera rapidement Daft Punk, Air, Tahiti 80 ou encore Phoenix, dont le dernier album « Bankrupt« , a été élu samedi dernier « meilleur album rock de l’année« , aux Victoires de la Musique.  On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi ce dernier a une reconnaissance nationale aujourd’hui après 15 ans d’existence, et notamment un Grammy Award en 2010 avec son cinquième album « Wolfgang Amadeus Phoenix« . Mais nous ne nous attarderons pas sur ce sujet.

Notre sujet du jour se nomme Inophis. Guitariste originaire de Bretagne, c’est en Chine, bien loin de sa terre natale, qu’il connaît un véritable succès. Alors qu’il vient de sortir son dernier album, l’artiste se dévoile plus que jamais pour les lecteurs de France Net Infos. Il revient notamment sur son succès, mais aussi sur son arrivée en Asie, et bien sur ses projets.

Comment un guitariste français se retrouve en Chine ?                                                                      

Tout petit déjà, j’étais attiré par la Chine, sans même trop savoir pourquoi en réalité, j’aimais cependant beaucoup les films de Bruce Lee et les arts martiaux, arts martiaux que je pratique depuis enfant. En ce qui concerne ma première expérience en Chine, cela a démarré lorsque j’étais étudiant. Après l’obtention d’un BTS en Biotechnologie , je me suis dirigé vers une licence de Bio à la fac, puis j’ai découvert par des amis chinois qu’il y avait la possibilité de s’initier à l’apprentissage de la langue chinoise en fac de lettre, je me suis donc inscrit en lettre également, afin de décrocher ce diplôme universitaire de chinois (DU chinois), le tout en continuant mes différents projets musicaux en parallèle, me produisant en France, Espagne, Roumanie et Japon. Faisant parti des meilleurs élèves en langue chinoise à l’obtention de mon DU, je me suis vue offrir une bourse d’étude d’un an, afin de parfaire cette langue dans la ville de Qingdao à raison de quatre heure de cours par jour. De retour en France, où j’y ai notamment pu en école d’ingénieur militaire, enseigner les bases de la langue chinoise ainsi que le mode de pensée chinois ; la deuxième étape importante fût l’invitation de Farida Guitar, me sollicitant afin de représenter leur marque au Salon International de la Musique de Pékin.

Comment s’est passé ton arrivée, comment as-tu été reçu ? Parles-nous un peu de ton adaptation en Chine…                                                                                                                                                            

Lorsque j’étais étudiant à Qingdao cela fût très dur, car les conditions de vie étaient assez difficiles. Les conditions d’hébergement étaient vraiment très simples à l’université, une chambre de 9m2 pour deux pendant un an et c’est tout. Je me suis rendu compte que ce que j’avais appris concernant la langue chinoise étais très loin de la réalité et qu’il fallait tout reprendre ; nous apprenions le chinois en France d’une façon qui ne reflétait pas la réalité sur le terrain, ce que certains amis chinois me contaient sur leur pays s’est souvent révélé faux, ils parlaient toujours du côté blanc (yang) mais pas du côté noir (yin), il y a bien sur eu des chocs, de plus j’y étais plusieurs années avant les JO de 2008. Je me suis également très vite rendu compte que la bourse ne suffisait pas du tout pour vivre, étant issu d’une famille modeste je ne pouvais pas demander de l’argent à mes parents ; je mangeais donc là où ce n’était pas cher comme dans les cantines pour ouvrier ou bien dans la rue auprès des paysans pauvres qui venaient vendre leur repas, tout le monde me regardé, se demandant sûrement ce que je faisais là. Je suis souvent tombé malade, de façon assez importante une fois également, et j’ai perdu quelques kilos durant cette année… Mais bon, j’étais là pour cela aussi, découvrir, faire l’expérience de, et m’approprier toutes les facettes de la Chine. Je ne fréquentais donc pas, voir très très peu les autres expatriés, qui eux avaient eu vie bien meilleurs que la mienne souvent issus de familles aisées, j’étais toujours avec les locaux, l’utilisation du français n’avais plus lieu d’être. Comme j’ai toujours travaillé depuis l’âge de treize ans, pendant les vacances d’été etc… Il fallait que je trouve un boulot pour améliorer ma condition de vie et dans l’immédiat c’était de manger plus sainement.  Un jour en entrant par hasard dans un magasin de musique, j’ai demandé au patron (qui allait devenir un ami M.Liu Xiao Gang) si je pouvais jouer un petit peu, il pensait sûrement que je voulais acheter quelque chose hahaha. Ce moment fût fort de sens car il me présenta une guitare chinoise « Farida » il m’a dit tient essaye c’est chinois, qui aurait pu imaginer que quelques années plus tard j’allais devenir l’ambassadeur de la marque. Comme il fût très surpris par ma manière de jouer, il me proposa d’enseigner dans son magasin, pour un prix dérisoire, mais il avait les locaux il trouvait les élèves, et moi je gagnais un peu d’argent et lui aussi. Je devais avoir une heure de bus pour m’y rendre, debout et très serré tout le trajet, le taxi était beaucoup trop cher pour moi. Un jour il me demanda si je voulais aller voir des supers musiciens, des philippins, en concert dans un club, ils s’y produisaient tout les soirs. Nous y sommes allés et il m’avait préparé une petite surprise… à la fin d’un titre le groupe m’invita à jamer avec eux, j’y suis donc allé et j’ai fait le show, cela a beaucoup plu. Ensuite un autre chinois commença à parler avec moi, me paye un verre, me demandant ce que je fais ici, si j’aimerais jouer ici etc… Car il ne m’avait jamais vue avant. A la fin de la conversion il me dit  » je suis le patron des lieux, tu commences demain soir ». Voila comment à commencer mon expérience musical professionnel en Chine, tout en bas de l’échelle avant d’arriver à la notoriété qu’est la mienne dans ce pays.

 Faut t’il un certain temps pour s’acclimater à la culture chinoise ?                                                    

Tout dépend du portefeuille que l’on a… Bien évidemment une mentalité européenne et une mentalité asiatique sont très différentes, cela s’apprend en observant, en écoutant et en se taisant.  Mais oui, il faut un certain temps, pour d’autre ce n’est pas possible de s’acclimater.

Y’a-t-il des endroits que tu apprécies ? Ou tu viens te ressourcer par exemple ?                               

En Chine oui, on a plus l’occasion de me croiser dans les jardins et les parcs. Mon boulot étant de faire le show, après mes spectacles je suis également invité dans de beaux endroits, que ce soit par les organisateurs, le gouvernement local etc… Donc cela est important pour moi d’équilibrer la chose.

 Quels souvenirs te viennent à l’esprit lorsque tu penses à ces années en Chine, en dehors de la musique …. ?                                                                                                                                                   

Démarrage difficile, mais nécessaire et utile. De belles rencontres. Toutes ces expériences me permettant de bien cerner ce pays, en ayant côtoyé la pauvreté comme le luxe, les bons comme les mauvais côtés, de part mes différentes connaissances et expériences. Des compliments aussi, je me rappelle un jour à un dîner avec les membres du gouvernement attachés à la culture de la ville de Wuhan, la chef me confiait son étonnement en parlant avec moi, elle me disait que sur scène j’explosais et qu’il y avais beaucoup d’énergie dans ma musique, et que lorsqu’elle discutait avec moi j’étais une personne posée, ayant une bonne éducation, avec qui on pouvait parler et qu’elle était heureuse d’avoir donné son accord concernant m’a venu. Cela m’a fait très plaisir.

 Avant de continuer sur ton parcours, quelles sont tes influences musicales, tes modèles ? Un guitariste comme Patrick Rondatn est t’il un exemple ?                                                                        

Oui, Patrick Rondat est quelqu’un que j’aime beaucoup, j’ai d’ailleurs pu le rencontrer lors d’un de ses concerts par le passé, bien avant Inophis. Je n’ai pas de modèles proprement dit, des artistes qui m’ont attiré vers la guitare électrique sont Deep Purple, Queen, Nirvana, Gary Moore. Lorsque j’ai démarré l’apprentissage de la guitare électrique mes parents m’emmenaient voir des concerts de Pat’O May et de Henry Jaouen dit « requin » qui sont des guitaristes fabuleux. Après je suis influencé par tout ce que j’écoute, Pop, Rock, Métal, Electro, Classique, Ambiant, Traditionnel etc…

 C’est en donnant des cours de guitare que tu as été repéré. Tu représentes d’ailleurs aujourd’hui la marque Farida, dont tu es le premier artiste officiel représentant cette marque. Expliques-nous un peu comment a débuté ton aventure…                                                                                       

Oui et non, pour Farida c’est autre chose. Car ce qui est drôle, je citais plus haut mon ami Liu Xiao Gang du magasin de musique à Qingdao, un jour dans sa boutique avec d’autres amis je me rappelle leur avoir dit : « Un jour vous verrez je représenterais cette marque (en parlant de Farida) ». Ils ont bien sur tous rigoler. Maintenant ils n’en reviennent toujours pas, surtout pour un « étranger » en Chine. Donc, de retour en France, j’ai arrêté toutes les formations musicales dans lesquelles je jouais, et je voulais faire un projet solo « Inophis » qui depuis ce moment là est devenue mon nom d’artiste et plus désormais car on ne m’appelle que comme cela. J’ai donc démarré l’écriture de mon premier album solo (album démo) « Inophis » qui a été bien accueilli. J’ai contacté plusieurs sociétés dont notamment « Farida » qui a tout de suite été très emballé. La musique leur plaisait, le profil leur plaisait, je m’étais déjà produit en France, Espagne, Roumanie, Japon et Chine pour des festivals, télés, radios etc… Et je pense qu’ils ont su sentir le potentiel que je pouvais représenter. Nous sommes donc restés pendant quelques mois en contact, échangeant des mails en chinois, puis ils ont décidé de m’inviter au salon international de la musique de Pékin en Mai 2008. Pour moi cela n’était que l’affaire d’une seule fois, une expérience en plus, mais fort du succès rencontré ils m’invitèrent la même année à l’évènement musicale le plus important d’Asie le salon international de la musique de Shanghai en Octobre 2008. Pareil pour l’année 2009, ensuite en 2010 tout s’est enchainé.

Si tu devais définir la marque Farida ? Comment l’as définirais-tu ? En dehors du fait d’avoir Inophis en tant que représentant, par exemple, qu’est ce qui distingue la marque Farida, des autres marques ?                                                                                                                                           

C’est une marque peu connu encore du grand public au niveau mondial, mais très connu des musiciens en Chine bien évidemment car ils sont leader, bien connu également auprès des grandes marques, car Farida est un sous traitant important au niveau mondial, plusieurs marques connues sont fabriquées dans leur usine. La société existe depuis plus de 50 ans, ils se sont fait connaître par leurs modèles acoustiques.  Ils fabriquent des guitares, des basses, des ukulélés, de l’acoustique et de l’électrique, allant de l’entrée de gamme au haut de gamme. Je possède désormais mon propre modèle signature de guitare électrique le modèle FIS-60, « F « pour Farida, « IS » pour Inophis, qui est un succès ici en Chine. J’en suis très fier car c’est un modèle que j’ai moi-même dessiné et je dois être le premier guitariste au monde à avoir un modèle signature chinois produit en série.

Tu bosses aussi aujourd’hui pour d’autres marques, Aroma Music et Guitar China….. Toutes ces sollicitations ne te font pas perdre la tête ?                                                                                                

Pas du tout, car tout peut s’arrêter du jour au lendemain, mes expériences passées me l’ont bien appris. Donc j’ai bien ça en tête, et puis je suis libre de créer ma musique quelqu’en soit les circonstances. Quoi qu’il en soit, n’en déplaise à certains, je suis le premier guitariste au monde à faire ce que je fais en Chine, quelque part j’ai marqué l’histoire musical du paysage chinois de ce point de vue là.

Il t’arrive de bosser avec le logiciel Guitar Pro. Tu peux nous en dire quelques mots ?

C’est une société française qui en est à l’origine. Je m’en sers pour l’édition musicale, pour créer mes propres partitions/tablatures, également pour fournir aux musiciens qui travaillent sur mes œuvres leur « score » à jouer. Je l’utilise aussi pour composer.

Tu es le premier musicien, non chinois, à avoir signé avec la société Guitar China. Comment expliques-tu cet intérêt que les asiatiques portent sur toi ?                                                                

Vous savez des bons musiciens, il en existe beaucoup, après il faut définir ce que « bon »veut dire. Sur internet nous pouvons voir des guitaristes qui jouent très rapides, d’autres qui reprennent des titres de leur(s) idole(s) à la note prés etc… C’est très bien. Il faut savoir que, maintenant pour avoir une chance de réussir ceci n’est pas suffisant. Il faut être un très bon musicien, savoir composer, créer des mélodies, être original, avoir son styles, faire attention à son image, être polyglotte, connaître le business, connaître le milieu où nous évoluons, avoir un réseau, savoir prendre sur soi, écouter, observer, apprendre, savoir communiquer, se vendre, pouvoir prouver que l’on est à la hauteur de sa réputation, savoir se battre, savoir rebondir etc… Tout ceci représente pour moi 50% de chance de réussite, le reste justement les 50% restant c’est le facteur chance. Les étrangers de manière général m’apprécient beaucoup, j’entretien également de bonnes relations avec les américains, les allemands, japonais, australiens etc… Mais concernant le « pourquoi » il faudrait le leur demander. Néanmoins ce que les chinois apprécient chez moi, et ce qui fait qu’ils me respectent, c’est aussi dû au fait que je les connais bien, je connais bien le pays, je ne me laisse pas faire, ferme mais polis, je ne suis pas arrogant mais je sais me faire respecter, quand c’est oui c’est oui, quand c’est non c’est non, ils trouvent que je représente bien la France. Ils me respectent entre autre pour cela également. Et les chinois aiment beaucoup les talents, cela n’est pas mal vue en Chine.

En dehors de toutes ces collaborations, tu as sorti ton premier album en Chine en 2010 : « Beauty in the Chaos ». Quels en ont été les retours ?                                                                           

Oui, le premier guitariste non-chinois à sortir un album de métal instrumental sous licence  en Chine. De très bons retours, puisque cela m’a permis de faire plus de tournées nationales en Chine, incitant les médias à s’intéresser à Inophis. Je me suis à ce jour produit dans plus de quarante villes en Chine, du Nord au Sud, d’Est en Ouest, cela doit être un record. Cela m’a aussi permis d’intégrer le « milieu » en Chine et de me lier d’amitié par le biais de rencontre, avec certains des musiciens les plus connus de Chine. Faire parti de jury pour des remises de prix où vous êtes le seul européen présent etc… Avoir plus de fans etc…

C’est plus difficile de se vendre en France ?                                                                                                  

En France tout devient de plus en plus étrange. Nous offrons à la jeunesse comme modèle de plus en plus de « losers » façon de parler…  Le talent, ainsi qu’aimé la France, est vue comme une maladie, nous n’avons pas l’esprit de la gagne, regardez la plupart de nos sportifs, nous partons toujours perdant, les gens n’ont pas d’ambitions ils sont mous, nous éduquons les enfants dans « l’important c’est de participer » sans leur donner une mentalité de gagnant et de compétiteur, il ne faut pas avoir de la culture…bref tout ce qui faisait la grandeur et la force de la France disparaît. Pour être bien en France maintenant il faut être rural et surtout pas « too much », il faut de plus en plus presque paraître sans éducation, ne pas être en proie à la réussite etc… Regarder la plupart des émissions à l’heure de grande écoute, cela n’est pas fait pour rendre les gens plus intelligents, la plupart de nos humoristes n’ont d’humoriste que le nom et ne savent plus faire rire avec intelligence, leurs pseudo-blagues deviennent de plus en plus vulgaire, quasi inexistante, et font souvent dans le « pipi-caca »… Quand vous êtes artistes en France et que vous travaillez en collaboration avec des sociétés françaises… tout doit leur être dû, et il n’y a pas de gratuité. En France quand vous représentez une marque française il ne faut pas réclamer d’argent et bien souvent il faut acheter le matériel de la marque que vous représentez, sans quoi vous vous attirez les foudres de certains… Et les musiciens en viennent même à trouver ça normal ou sont fatalistes. Après, dans ces conditions, se vendre en France est bien plus difficile, mais la France n’est pas le monde malgré que j’en sois un très bon ambassadeur et que je l’aime beaucoup. Néanmoins de plus en plus de médias sont curieux sur Inophis que ce soit au niveau régional ou national, je pense à des médias comme Tébéo, le télégramme, Ouest France, M6, le magazine Capital, Contre culture infos, Chine informations, Charts In France etc… Qui me suivent et me soutiennent. Malgré tout, je viens de donner une masterclass en France à St Renan sous la direction de Philippe Gouret qui a été un succès. Je vais démarrer l’enregistrement de l’album de mon groupe français « Equinox » (métal Prog Symphonique), fait quelques télés et donné des interviews.

Est-ce que pour toi la création musicale est mieux perçue ? Voire mieux reçue en Chine ? Et si oui pourquoi ?                                                                                                                                                   

Je trouve que les gens en Chine sortent plus, peut-être est ce aussi dû au fait qu’il y a plus de lieux pour sortir comparer à la France, et des lieux aussi divers que variés. En France quand on regarde toutes les polémiques autour du Festival Hellfest, j’en suis à me demander comment la France en est-elle arrivée là, ensuite on veut nous présenter la France comme le pays mondial des arts et de la culture. En Chine les festivals sont en net augmentation, métal, jazz, electro, pop etc… Et il n’y a pas toutes ces polémiques … quel paradoxe. A ta question : « Si oui pourquoi » j’aurais envie de te répondre, pourquoi n’est ce pas la même chose en France… A quand le Métal aux Victoires de la Musique ?

Durant ces 5, 6 années en Chine tu as été très présent sur les salons de musique de Pékin et de Shanghai, et on a aussi pu te voir dans la plus célèbre école de musiques actuelles de Chine pour y jouer et y donner un Masterclass. Expliques-nous un peu comment c’est passé cette journée… Et ce que tu as ressenti lorsque tu as été invité …. Je suppose qu’il s’agit là d’un réel honneur et d’une véritable reconnaissance en tant que musicien.                                                                          

Tout à fait, et cela a été une journée très enrichissante. Les élèves étaient très attentifs, intéressés, m’ont posés bon nombre de questions. Cela dépassé les simples questions « guitaristique », ils me posèrent également des questions sur la France, mon mode de vie etc… Ils étaient très curieux. Hormis cette école, nous pouvons également rappeler que la très célèbre institue des Arts de Nanjing (Nankin) m’avait également invité pour une journée de cours et de rencontre. Dans le privé des amis musiciens m’invitent à venir voir leur école également.

En France quand on est musicien, enfin plutôt chanteur, (Faut bien avouer que le musicien n’est pas très reconnu)….on finit par faire le pitre à The Voice ou autres….je trouve d’ailleurs cela plus gratifiant le fait d’être invité dans une école….Que penses tu des émissions justement, style « The Voices, ou autres « recherche de la nouvelle star » ? Ou quand on fait le point très peu font carrière ou on un succès durable….

L’important est de faire ce que l’on aime avant tout, sans plaisir il n’y a pas de partage. Ensuite ces émissions en elle-même ne sont pas mauvaises, cela dépend des jurés qui la composent. Il faut voir ça comme un tremplin pour ce faire remarquer, comme une expérience, c’est également une chance pour passer à la télévision, se confronter aux caméras, à un autre environnement, de savoir si nous sommes fait pour cela ou pas. Et puis, être éliminé n’est pas synonyme d’échec. De pouvoir aller dans une école, où il y a des professeurs de talents, c’est très bien également, mais le show-business pour un artiste se passe aussi sur scène. Chaqu’un est libre de choisir, mais chaque expérience bonnes ou mauvaise est bonne à prendre. Dans une carrière peu importe le nombre de porte que l’on essaye d’ouvrir, même si cela est fatiguant ce n’est pas grave, ce qui est important c’est qu’un jour une porte s’ouvre.

 Fin 2013, tu as sorti ton deuxième album : « Duality »…. Y’a-t-il des changements par rapport à ton premier album intitulé « Beauty In The Chaos » ? T’influences-tu désormais de la musique traditionnelle chinoise ?                                                                                                                                

Avec « Duality » nous pouvons parler de troisième album, en tenant compte de mon premier album/démo, mais le deuxième pour la Chine. C’est un album instrumental, je suis producteur de cet album. Hormis les adaptations comme l’ « Aria de Bach » le  « Paint it Black des Rolling Stones » et la « Course De Chevaux » un traditionnel chinois, toutes les autres œuvres sont des compositions originales. L’album a une couleur Rock-Métal-Classique, il est notamment composé de deux belles ballades « Next To You » et « Fly High But We Will Miss You« . J’y joue toutes les parties guitares et basses, enregistrées en France au studio « Pavillon K » studio des Merzhin. « Duality » est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement. Le son est bien meilleur que sur « Beauty in The Chaos », les compositions sont également plus soignées. Le traditionnel chinois est un cadeau pour mes fans chinois, c’est un titre qui marche très bien et j’ai reçu beaucoup de félicitations pour ce cover qu’ils trouvent réussi et très bien fait. L’album plait aussi aux européens, j’ai également de bons retours du public comme des professionnels qui attendaient cet album.

Comment composes-tu d’ailleurs ? Tu t’enfermes ? Tu enregistres des échantillons qui te viennent ici et là ?                                                                                                                                             

Je n’ai pas de « mode opératoire » en ce qui concerne la composition, cela me vient naturellement, parfois j’écoute un titre et j’en oublie que je suis le compositeur, j’en oublie même parfois comment j’en suis arrivé à le composer. Pour moi la musique c’est le langage de l’univers, tout ce que nous percevons, voyons, sentons, est dû aux fréquences, chaque fréquence a un son qui lui est propre, que ce soit le fait de pincer une corde, taper dans les mains, les planètes émettent des sons également. Pour moi créer de la musique  est juste le fait de capter ces fréquences qui gravitent autour de nous afin de les réunir ensemble, en les harmonisant.

On a aussi pu te voir représenter la langue française en Chine…. Si tu peux nous en dire quelques mots …Tu es un vrai ambassadeur !!! C’est plus qu’une réussite ! On te voit représenter la marque Farida, on te voit représenter la France. Mais jusqu’où iras-tu ?                                                             

Tout à fait, et cela me tient particulièrement à cœur. Quand les étrangers attendent un événement de la part d’un français ils en attendent beaucoup, c’est toujours un réel plaisir pour moi de ne pas faillir à leur attente mais plus encore, à les surprendre. Donc, je pense que lorsque nous sommes à l’étranger il faut toujours avoir en tête que l’on représente son pays et qu’on le veuille ou non chaque français est ambassadeur de son pays à l’étranger. De nos actes dépend la réputation que l’on fera de tous par la suite, encore plus lorsque l’on est médiatisé. Concernant la langue de Molière cela fût pour une émission de télé sur l’apprentissage de la langue, un jour le thème de l’émission était la musique, j’ai donc été invité à participer à l’enregistrement. En marge de l’exposition universelle de 2010 à Shanghai j’ai également été invité par le consulat de France de Shanghai pour me produire lors d’un événement culturel.

 Au cours d’un bref échange tu m’as évoqué ton projet de groupe, avec un chanteur m’as-tu dit, « Génial »…. Tu peux nous en dire plus ?                                                                                                          

Oui, et pas que. Cela concerne mon groupe français de Métal prog symphonique « Equinox« . Le batteur est Aurélien Ouzoulias et le bassiste Pascal Mulot que l’on ne présente plus, si ces noms de vous dise rien allez vite faire un tour sur le net… Le chanteur est Emmanuel Creis qui chante également dans le groupe Shadyon.

 Comment bossez-vous ensemble ? Comment allez vous composez ? Enregistrer ? Jouer ? Avec toi en Chine, c’est un peu compliqué, non ?                                                                                                  

Je suis auteur compositeur producteur sur ce premier album d’Equinox. Cela m’a demandé un peu plus d’un an de travail. J’ai donc écrit les douze titres de cet album. Il est très symphonique, vous y retrouverez des instruments comme les cordes, les cuivres, cœurs lyriques, piano, glockenspiel etc… Allié à la puissance du métal. L’enregistrement démarre vers la fin du mois de Février, l’album devrait voir le jour avant l’été. Après je ne suis pas non plus tout le temps en Chine, les autres musiciens ont aussi un emploi du temps chargé, tout est affaire d’organisation. Chacun peu travaillé chez soi ayant tout les supports pour le faire.

Au vue de ce succès acquis en Chine, ressens-tu une certaine rancœur du fait de ne pas avoir les mêmes retours en France ?                                                                                                                              

Non pas de la rancœur, c’est comme ça. A propos de la France j’aurais tristement envie de te dire « On ne change pas une équipe qui perd »… « Optimistement » parlant je te dirai que les choses vont sûrement changer.

Toi qui es désormais considéré comme un maître de la 6 cordes. As-tu encore des choses à apprendre à la guitare ?                                                                                                                                  

Maître, non… Bien sûr que j’ai encore des choses à apprendre, tout dépend des horizons vers lesquels nous voulons nous diriger. Ce qui m’intéresse le plus ce n’est pas avoir tel ou tel niveau à la guitare, c’est la composition qui m’intéresse.

Pour finir, es-tu nostalgique de la Bretagne ?                                                           

Totalement, nous y avons des paysages magnifiques, de très belles plages, de belles forêts, des musiciens extraordinaires, un air sain, c’est une région dynamique et très touristique. Je parle d’ailleurs très souvent de la Bretagne en Chine lorsque l’on me demande de quelle région française je viens. Malgré tout j’ai également du sang Corse, et oui Breton-Corse.

Que peut-on te souhaiter aujourd’hui ?                                                                                                           

De continuer sur ma lancé, et qu’Equinox devienne un groupe incontournable, apprécié, connu et reconnu. De pouvoir flirter avec le septième art, car intérieurement je suis de plus en plus attiré vers cet art, pas uniquement pour la création musicale, mais pour le jeu d’acteur.

Allez, un dernier mot ?                                                                                                                               

Merci tout d’abord à toi Guillaume qui me suit depuis le début, merci également à tout ceux qui m’apprécient et me soutiennent. Vous pouvez me suivre sur mon facebook : https://fr-fr.facebook.com/inophis. Pour vous procurer mon dernier album « Duality », il est donc disponible sur Itunes est sur toutes les autres plateformes de téléchargement. Bonne écoute et prenez du plaisir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A propos guillaume joubert

Après avoir été rédacteur sur divers sites musicaux comme Rocknfrance, Zikannuaire, Punksociety, Zik'nblog, et animateur d'une émission de radio diffusée sur 12 radios, dont 7 FM, en France, en Belgique et en Suisse, j'ai décidé de reprendre l'écriture sur FranceNetInfos. C'est un plaisir de participer à la diffusion d'informations régionales et nationales, sur des sujets qui me tiennent à coeur comme, entres autres, la culture, le cyclisme et l'environnement.

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