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Vies Volées : les enfants disparus de la « Guerre sale »

Mars 76 : l’Argentine se retrouve témoin d’un coup d’Etat, plongeant le pays en pleine dictature Militaire … Chaque vie, va se retrouver compromise : opposant, collaborateur et/ou proche de la « contre-dictature » va faire l’objet de tortures, d’assassinats, d’enlèvements, d’interrogatoires fatals … qu’ils soient mineurs ou majeurs … On surnommera cette période de l’histoire : la « guerre sale »

Parmi les 30000 personnes qui vont disparaître : des femmes enceintes ou des familles avec enfants. Pendant que les parents seront « éliminés » de façon atroce, ces enfants vont se retrouver « placés » dans des familles aux idéologies correspondantes au régime en place, ou, considérées « digne » de remettre ces « enfants volés » dans le droit chemin .

C’est de cette « tragédie historique », que Matz et Mayalen Goust vont s’inspirer, pour nous présenter un « one-shot » romancé : « Vies Volées »  aux Éditions Rue de Sèvres. Un hommage à celles qui, depuis, recherchent ces enfants, retirés aux familles disparues, et au mouvement qu’elles ont crée : Les grands mères de la place de Mai.

Paru le 10 Janvier 18.

Vies volées © Rue de sèvres
  • Le décor :

Santiago et Mario sont deux jeunes colocs étudiants en Biologie et en Maths. Alors que l’un d’eux ne pense qu’a rechercher l’âme sœur, Mario se pose des questions sur le fait qu’il ne se reconnaît pas à travers les caractères physiques de ses parents : quelques détails physiques différents, ajouté au fait qu’il n’a jamais vu de photos de sa mère enceinte suffisent à le faire douter de sa filiation … Serait-il un de ces enfants volés dont on parle à la télévision, ces enfants qui grâce au combat des « grands mères de la place de Mai » , parviennent après quelques tests génétiques à retrouver leur « vrai » famille ?!!

Obsédé par cette idée, il décide de passer le pas de la porte de la clinique pour faire les tests ADN discrètement, sans éveiller les soupçons de ses parents pour ne pas les froisser.

Santiago, qui l’accompagne, craque complètement sur la charmante infirmière qui vient les accueillir, et comme par jeu pour qu’elle le remarque, décide lui aussi de pratiquer les tests …

De ruses, en mensonges, ils arrivent à récupérer des « échantillons » biologiques sur leurs parents respectifs pour les confronter aux leurs et Santiago réussit à charmer la belle infirmière, elle même en quête d’identité …

Le jour du résultat, c’est une « tragique » et inattendue conclusion qui tombe, comme un couperet … Elle va bouleverser complètement la vie de nos colocataires, ainsi que celle de l’infirmière …

 

Vies Volées © Rue de Sèvres
  • Le point sur la BD :

Un des « points noirs » de l’histoire de l’Argentine qu’on préférerait être une fiction d’un monde dystopique imaginaire, qu’inspirée de faits réels.

Matz et Goust adoucissent cette « horreur de l’histoire » avec ce récit touchant, romancé. Il serait malvenu de comparer une adoption classique à ce genre d’adoption forcée et de faire un amalgame. Comme le disent si bien les personnages dans ce dialogue criant de vérité :

– «  Les parents, ce sont ceux qui mettent manger sur la table, qui te racontent une histoire le soir avant de dormir, qui te filent une baffe quand tu franchis les limites. Pas ceux qui te mettent au monde et qui t’abandonnent »

-«  je suis d’accord avec toi mais là, on parle d’enfants volés, de parents assassinés. Ce n’est quand même pas tout à fait la même chose qu’une adoption, non ? »

Vies Volées © Rue de Sèvres

Comment peut-on se reconstruire dans un cas pareil ?!!! Comment continuer à aimer ses adoptants que l’on pourrait caractériser de « partisans au régime » et d’assassins indirects de ses propres parents ?! Un long parcours du « combattant » pour tous ces « survivants » … L’histoire est tellement intense et révoltante, qu’on en oublierait presque les graphismes gracieux de Mayalen Goust qui donne, pourtant tout son sens à cette histoire !  

  • La conclusion :

Vies Volées aux Éditions Rue de Sèvres, une superbe BD ; un « petit » hommage à tous ceux qui participent au rassemblement de ces familles détruites : les « Abuelas de Plaza de Mayo », qui défilent chaque semaine devant la demeure du Chef d’État argentin pour retrouver leurs petits-enfants, la Conadi : commission nationale pour les droits à l’identité, qui permet d’aider les personnes à retrouver leurs origines … Grâce à eux, plus de 525 enfants ont déjà été retrouvés.

Une BD a étudier en milieu scolaire assurément.

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A propos stef emma

Rat de laboratoire, BDphile, et couteau en second sur Le bon goût des choses ( végétarien, végétalien)

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