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Bataille navale à 3 joueurs !

Tout le monde à en tête  la célèbre phrase « Touché, coulé ! ». Et bien en mer de Chine orientale, on assiste à un déploiement de navire digne du jeu « bataille navale ». Petite variante, ce jeu là, réel, se joue à 3 joueurs : le Japon, la Chine et Taïwan.

Et pourquoi ? Pour 8 îles et rochers, appelés : les îles Senkaku (en Japonais)-Diaoyu (en Chinois).

Administrées par Tokyo, mais revendiquées par  Pékin, mais aussi par Taïwan, ces îles représentent des atouts :

–       Economiques : des eaux très poissonneuses et surtout des gisements potentiels d’hydrocarbures

–       Stratégiques : de par leurs positions dans la mer de Chine (pour la marine Chinoise plus particulièrement)

Selon Chen Yo-Jung, le différend qui oppose ces pays n’est rien d‘ autre que … sémantique !  Chinois né à Taïwan, il a été interprète de japonais pendant plus de vingt ans à l’ambassade de France à Tokyo puis, devenu français, a vécu à Singapour puis à Pékin, avant de prendre sa retraite au Japon. Dans son article, « Lost in translation », publié par le Straits Times  de Singapour, il nous expose que le malentendu provient de la signification du mot « nationalisation ». Car, suivant que vous êtes Chinois ou Japonais, vous le comprendrez de manière différente !

Historiquement, à la fin de la guerre sino-japonaise, en 1895, le groupe d’îles s’est retrouvé sous souveraineté japonaise, face à une Chine affaiblie par ses défaites. Or, aujourd’hui, les deux pays affirment que les îlots leur appartenaient avant cette date.  Le traité de paix de San Francisco (1951), signé avec le Japon, qui renonçait notamment à Taïwan, a accordé des droits administratifs aux Etats-Unis sur un certain nombre d’îles, habitées, comme Okinawa, et inhabitées, comme les Diaoyu/Senkaku. C’est alors que Washington rétrocéda ces droits au Japon en 1972, ce qui fait dire à Tokyo que sa souveraineté sur les Senkaku se trouva ainsi officialisée. Alors que ni la Chine ni Taïwan n’étaient parties au traité de San Fransisco.

Lors de la mise à plat des relations diplomatiques entre le Japon et la Chine, il y a quarante ans, Deng Xiaoping et Zhou Enlai, dans leur grande sagesse, suggérèrent que les discussions sur les îles Diaoyu/Senkaku fussent laissées « aux générations futures », Tokyo et Pékin ayant alors des chats plus gras à fouetter. Ce gentleman’s agreement fut respecté, jusqu’à ce que les nationalistes japonais se saisissent de l’affaire en 2009. C’est le gouverneur de Tokyo Shintaro Ishihara, connu pour ses positions anti-chinoises, qui a mis le feu aux poudres en lançant une collecte publique pouracheter trois des îles à leur propriétaire privé. C’est alors que le gouvernement japonais a décidé de « nationaliser » ces îles, c’est-à-dire de les placer sous le contrôle de l’Etat, pour éviter cette provocation. Selon M. Chen, dans le mot « nationalisation », les Chinois ont vu surtout appropriation » et « occupation, c’est-à-dire une nouvelle humiliation.

Et nous savons combien les Chinois n’acceptent pas la notion d’humiliation. Tout comme ses adversaires de ce conflit dont aucun pays ne sortirait vainqueur au son du « Touché, coulé » !

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