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« La forme de l’eau », le projet de Guillermo del Toro

Guillermo del Toro, mondialement connu pour ses films acclamés par la critique et sa trilogie de romans La Lignée, n’est plus à présenter. Il nous a marqué avec Le Labyrinthe de Pan et Pacific Rim, et s’est lancé dans un projet ambitieux. L’idée pour La forme de l’eau, publié aux éditions Bragelonne, était d’écrire une histoire qui soit un roman et un film à la fois. L’auteur surprend alors la règle de l’adaptation cinématographique et livre un roman autant graphique que visuel.
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Crédits photo Instagram : @victoria.arroyo.books
la-forme-de-l-eau-guillermo-del-torroRésumé

Nous sommes en 1963, et Elisa Esposito survit tant bien que mal. Née muette, abandonnée par sa famille, elle travaille de nuit comme femme de ménage au Centre Occam de recherche aérospatiale.

Un soir, elle surprend quelque chose qu’elle n’était pas censée voir : un homme amphibie prisonnier d’une cuve, qui doit être étudié par les scientifiques pour faire avancer la course à l’espace de la Guerre Froide. La créature est terrifiante, mais aussi magnifique – elle fascine Elisa. Utilisant la langue des signes, celle-ci établit une communication. Bientôt, la créature devient sa seule raison de vivre.

Pendant ce temps, Richard Strickland, le militaire brutal qui a capturé la créature en Amazonie, envisage de la disséquer avant que les Russes ne tentent de s’en emparer.

Elisa doit tout risquer pour sauver la créature. Avec l’aide d’une collègue qui souffre du racisme ambiant et d’un voisin malchanceux qui n’a plus rien à perdre, elle met au point un plan d’évasion. Mais Strickland ne l’entend pas de cette oreille. Et les Russes sont bel et bien sur l’affaire…

Mon avis

C’est tout d’abord par la couverture que j’ai été attiré, et ce sont les croquis disséminés dans le livre qui m’ont le plus séduite. Pourtant, j’ai été globalement assez déçue de l’histoire de « La forme de l’eau » que je n’ai pas trouvée à la hauteur du projet. J’avais entendu beaucoup de choses concernant ce livre et j’avais plutôt hâte de lire cette histoire d’amour atypique. Le résumé me promettait un récit rempli d’action concernant la manière dont Elisa, muette, allait sauver la « bête » des griffes des Russes.

Malheureusement, si je n’ai pas passé un moment désagréable, ma lecture ne correspondait pas à mes attentes. L’histoire est très longue à se mettre en place et elle est finalement à l’image de son titre. Elle suit son cours tranquillement, traversant çà et là d’infimes cascades provoquant quelque rebondissement. On se laisse volontiers porter, au risque parfois de se perdre. En effet, on suit le point de vue de sept personnages différents, ayant des manières de penser très variées. Cela aurait pu être une force, mais la multitude de chapitres d’une à trois pages maximum a eu vite fait de me tordre les neurones. Ce format est assez inédit pour moi, et m’a empêché de totalement entrer dans l’intrigue.

Arrivée au passage où le suspense était censé être à son comble, j’en étais déjà aux trois quarts du livre. Les péripéties s’enchaînent de manière tristement expéditives avec des résolutions beaucoup trop simples. Le dénouement arrive trop rapidement, sans qu’on ait réellement le temps de retenir notre souffle. Quant à l’histoire d’amour en elle-même, elle arrive selon moi comme un cheveu sur la soupe et toute en surface. On ne rentre pas assez dans la psychologie des personnages, alors qu’il y avait de quoi faire. Il n’y a pourtant aucun doute de la maîtrise de l’auteur à ce sujet lorsque l’on voit avec quelle force on déteste Richard. Ce personnage épouvantable est le parfait antagoniste, mais il s’agit, à mon sens, du seul personnage réellement développé. Les sentiments d’Elisa et de la « bête » ne sont que très peu développés, c’en est presque frustrant.

En bref

J’ai eu un vrai goût d’inachevé concernant « La forme de l’eau ». La multitude de personnages dessert un peu le propos. D’autant plus pour la femme de Richard, dont on cerne le sens sans réellement en cerner l’utilité. J’ai l’impression que l’auteur a voulu aller quelque part mais n’a finalement pas fait l’effort de creuser plus loin.

⭐⭐⭐/5

 

A propos Victoria MARION

Rédactrice littérature, gastronomie, mode, high tech, jeux de société et tourisme/voyage.

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