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Le lien avec Pierre Palmade et Catherine Hiegel au théâtre Princesse Grace de Monaco et au théâtre Anthéa d’Antibes

Le théâtre Princesse Grace de Monaco vient d’accueillir Le lien de François Bégaudeau avec Catherine Hiegel et Pierre Palmade, dans une mise en scène de Panchika Velez.

L’auteur d’Entre les murs montre un face à face à la fois sans pitié et bouleversant-car tellement réel-entre une mère et son fils.  Stéphane est écrivain et vit à Paris. Il a dû se rendre dans sa ville natale pour dédicacer son dernier livre dans une librairie. Il profite de l’occasion pour déjeuner chez sa mère. Lorsque le rideau se lève, le repas vient de se terminer ; sa mère lui propose du fromage de chèvre avant le café et le gâteau que va apporter, plus tard, la voisine, toujours ravie de voir cet écrivain célèbre qu’elle a connu lorsqu’il était enfant. La mère parle de détails anodins, dans une logorrhée interminable pour lui. Son visage se décompose au fil des minutes ; il ne parvient plus à masquer son ennui et son exaspération. Il se lève, se dirigeant d’abord vers la fenêtre pour fumer puis, n’y tenant plus, finit par dire à sa mère son intention de partir. Il lui reproche de parler pour ne rien dire, ou plus précisément de ne pas lui poser les bonnes questions donc de ne pas s’intéresser à lui.

Le ton monte. L’incompréhension, l’incommunicabilité prennent toute la place dans ce décor de cuisine qui devient de plus en plus oppressant. Si la mère parle beaucoup de choses anodines, les mots du fils deviennent de plus durs et blessants . Les spectateurs rient mais de plus en plus jaune, tant ils sont témoins du délitement de ce lien inexorable, qui donne son titre à la pièce.

A travers Le lien, François Bégaudeau  interroge sur la nature et l’évolution des liens familiaux mais aussi sur les rapports entre les classes sociales. Le fils reproche à sa mère de ne pas lui poser de questions sur sa vie mais, pour elle, être ensemble lui suffit. C’est sa mère et il est son fils. Ces arguments suffisent à être ensemble. Pas pour lui. Il réagit en enfant blessé et vexé, d’autant plus qu’elle n’a pas lu son dernier livre, qu’il lui a pourtant envoyé. Dès lors, on peut se demander si son flux de paroles n’est pas là pour cacher la gêne de cette mère, fonctionnaire à la retraite, de ne pas être à la hauteur, de ne pas être aussi intelligente que son fils qui a brillamment réussi et qui évolue désormais dans d’autres milieux. Malgré tout, « ce lien » existe et il faudra bien continuer à faire avec.

Catherine Hiegel et Pierre Palmade sont tous les deux magnifiques. L’humoriste apporte son mordant et son désarroi à ce personnage de fils, tour à tour blessant et angoissé. Quant à Catherine Hiegel, elle est exceptionnelle : tantôt trop bavarde, tantôt silencieuse, elle exprime son immense talent en rendant cette mère exaspérante mais aussi terriblement bouleversante.

Après le Théâtre Princesse Grace, Le lien de François Bégaudeau sera de retour dans la région, au théâtre Anthéa d’Antibes les 4 et 5 avril.

A propos laurence ray

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