Les Ritals de Cavanna au théâtre de la Cité, à Nice : interview de Bruno Putzulu

Cela fait maintenant plus d’un an que Bruno Putzulu incarne Guillaume Devaut, le mari de Clotilde Armand (Elsa Lunghini) dans Ici tout commence, la série quotidienne à succès de TF1. Ancien pensionnaire de la Comédie-Française, il a joué dans les plus grandes pièces du répertoire. En ce moment, il parcourt la France, et bientôt la Suisse, avec une pièce qui lui tient particulièrement à cœur : Les Ritals, adaptée du roman autobiographique de François Cavanna dans lequel, avec tendresse et humour, il raconte ses souvenirs d’enfance et fait le portrait de son père, son héros, un « rital », comme on appelait alors les Italiens venus s’installer en France. Quelques jours avant qu’il ne vienne à Nice au théâtre de la Cité, nous avons eu le plaisir d’interviewer Bruno Putzulu. Il nous a parlé avec beaucoup d’enthousiasme de la pièce, qui résonne en chacun d’entre nous.

Sur scène dans Les Ritals

A sa sortie, Les Ritals de François Cavanna, avait rencontré un immense succès. Dans ce roman autobiographique, il raconte son enfance, ses copains, sa famille, et surtout son père, un émigré italien. Une histoire qui a beaucoup touché Bruno Putzulu. « Dès que j’ai lu le roman, j’ai eu envie de l’adapter. C’est un des plus beaux romans sur l’enfance. Cavanna parle comme personne d’autres des gens modestes. Ceux qu’on laisse souvent sur le bord de la route, il en fait des héros. Cavanna raconte son enfance, dans une famille modeste : la mère est française et le père italien, exactement comme ma famille. Son père ne parlait jamais de racisme, comme le mien. J’ai su après coup qu’il avait eu des problèmes quand il est arrivé en France. Ceux qui avaient travaillé avec lui me l’ont dit mais lui n’en parlait jamais à la maison. Mon père s’appelait Giovanni mais il se faisait appeler Jean, de même que le père de Cavanna se faisait appeler Louis alors que son prénom était Luigi. Ils voulaient se fondre au maximum dans la foule. Comme Cavanna, je ne parle pas italien car mon père ne voulait pas qu’on l’apprenne et que ma mère était Française. On a donc beaucoup de traits communs. » Emu par l’histoire de François Cavanna, très proche de la sienne, Bruno Putzulu a alors demandé les droits à l’éditeur et à la famille Cavanna. Pour mettre en scène la pièce, il a fait appel à son propre frère, Mario. Une histoire de famille de bout en bout. La femme de François Cavanna, qui a désormais plus de quatre-vingt-dix ans, a pu voir la pièce. « On est allés dans son village et on l’a jouée devant elle. Il y avait beaucoup d’émotions. Toute la famille de Cavanna était au premier rang. »

L’histoire des Ritals ressemble à celle de bien d’autres personnes et touche en plein cœur pour différentes raisons, que l’on soit Italien ou pas. A la fin de la représentation, il arrive souvent que des spectateurs attendent Bruno Putzulu à la sortie des théâtres et lui disent qu’ils se sont reconnus dans cette histoire. « Cavanna parle de la famille mais aussi de l’amitié, des quatre-cents coups que l’on fait quand on est jeunes. Il décrit comme personne le moment où le petit garçon met sa main dans celle de son père, rugueuse, durcie par le travail. » A travers la pièce, Bruno Putzulu montre à quel point Cavanna pouvait être à la fois drôle et émouvant. « Les gens sont très étonnés par la tendresse qui se dégage de la pièce. Cavanna, ce n’était pas seulement cette grande gueule que l’on connaissait chez Michel Polac, Charlie Hebdo. »

Sur scène, Bruno Putzulu est accompagné de Grégory Daltin, à l’accordéon. « Il fait partie de l’histoire. C’est mon copain d’enfance, avec lequel je reviens dans la maison où j’ai vécu. Il joue les musiques qu’il me jouait quand on était enfant. »

Ici tout commence sur TF1

Bruno Putzulu incarne depuis un an maintenant Guillaume dans Ici tout commence, sur TF1. « Je n’avais jamais fait de série quotidienne auparavant. J’ai demandé à être libre pour jouer au théâtre. » Son personnage, apprécié des téléspectateurs, va connaître quelques remous dans les semaines à venir, nous a-t-il confié sans en dire davantage. « Il va connaître quelques péripéties sentimentales qui vont le conduire à changer beaucoup de choses dans sa vie. » Déjà sous le charme de Laetitia, va-t-il tromper sa femme Clotilde (Elsa Lunghini) ? En tout cas, Bruno Putzulu nous a rassurés : il n’a pas l’intention de quitter la série de si tôt. Il tourne énormément en ce moment et on va donc beaucoup voir son personnage jusqu’en février. Après, l’éclairage se fera sur d’autres personnages, ce qui lui laisse le temps de jouer au théâtre ou de tourner pour le cinéma.

De nombreux projets au cinéma et au théâtre et bientôt un deuxième album

Non seulement Bruno Putzulu est un grand comédien, au théâtre comme au cinéma, mais il est aussi chanteur et il écrit. Il y a quelques années, il a sorti son premier album. Il vient de terminer le deuxième dont il a écrit tous les textes. Il abordera de nombreux thèmes, qui lui sont chers : l’enfance, la famille, la boxe, le théâtre, le fait d’avoir ou pas des enfants. Peu de gens le savent, mais il a écrit une chanson pour Johnny Hallyday dont il était très proche : « Ma vie », qui figure sur l’album. « Le cœur d’un homme ». Il était également ami avec Philippe Noiret, avec lequel il a écrit un livre.

Au cinéma, il a été sous la direction de Jean-Luc Godard, Jacques Audiard, Jean-Pierre Améris, Jean-Charles Tacchella, Bertrand Tavernier et tant d’autres. Il sera prochainement à l’affiche de L’envol, du réalisateur niçois Frédéric Cerulli.

Au théâtre, il a un projet avec son frère, qui verra bientôt le jour. Mais, pour l’instant, c’est avec Les Ritals que le public peut l’applaudir sur scène. Après le théâtre de la Cité de Nice, Bruno Putzulu repassera dans le département avec Les Ritals. Il viendra notamment à Grasse et sera sûrement de nouveau à Nice, au théâtre Francis Gag, où il avait donné une masterclass en octobre dernier. « On a commencé à jouer Les Ritals à Paris juste avant le Covid. On va continuer jusqu’en 2023, mais j’espère jouer tout le temps cette pièce… ».

Les Ritals avec Bruno Putzulu et Grégory Daltin, dans une mise en scène de Mario Putzulu, au théâtre de la Cité à Nice le 3 décembre puis en Suisse à Saint Prex le 8 décembre.

A propos laurence ray

A lire aussi

Le Théâtre de La Licorne de Cannes participe au festival Trajectoires

Le Festival Trajectoires a débuté le 5 janvier et se poursuit jusqu’au 5 février dans …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

WP Twitter Auto Publish Powered By : XYZScripts.com