“Nos clochards célestes” de Paul Pascot ouvre le festival Trajectoires au Théâtre de Grasse le 12 janvier

Du 12 janvier au 11 février, les villes de Carros, Cannes, Grasse, Mouans-Sartoux, Mougins et Nice accueilleront la quatrième édition du festival Trajectoires pour quinze spectacles et vingt-deux représentations. Créé en 2019 par Pierre Caussin, directeur du Forum Jacques Prévert de Carros, le festival Trajectoires, pluridisciplinaire, interroge notre rapport au monde par le prisme des récits de vie. Les spectacles programmés témoignent de parcours de vie, d’histoires au plus proche du réel qui questionnent nos humanités, nos relations sociales, et nous accompagnent dans la compréhension de notre époque.

Le Festival débutera jeudi 12 janvier au théâtre de Grasse avec « Nos clochards célestes » de Paul Pascot et la compagnie Bon-qu’à-ça. Ce jeune auteur-metteur en scène, originaire de région parisienne, a été formé à l’ERAC de Cannes avant de créér la compagnie Bon-qu’à-ça, à Aix-en-Provence. En 2018, il a mis en scène “L’Amérique” de Sege Kribus, salué à la fois par la presse et par le public. Au théâtre de Grasse, le 12 janvier, il présentera « Nos clochards célestes », son nouveau spectacle qui met en scène deux êtres, « deux oubliés, deux irrécupérables qui balbutient les prémices de leur rencontre poétique ».

Nous avons eu l’occasion d’interviewer Paul Pascot. Il nous a parlé de théâtre mais surtout de « Nos clochard célestes » qu’il présentera au théâtre de Grasse le 12 janvier.

France Net Infos : Le titre, « Nos clochards célestes » fait appel à l’imaginaire…Pourriez-vous nous en dire davantage sur la pièce ?

Paul Pascot : On ne sait pas où sont ces deux personnages. Ils sont au bord d’un monde. Où ? Quand ? On n’a pas de réponses à ces questions. On sait juste que c’est sans doute un monde qui se compte en gouttes au niveau du temps et on se demande ce qu’ils font là. Il y a très longtemps, bien avant nous, certains papillons de nuit passaient leur minuscule vie à suivre les traces des étoiles les plus brillantes dans le ciel, la nuit. Aujourd’hui, ces mêmes papillons passent leur minuscule vie à taper sur nos lumières artificielles jusqu’à s’en cramer les ailes. Vers quelle lumière se tourner ? Vers quelle lumière continuer à respirer ? Dans le ciel, quand on lève les yeux, il n’ y a que 4 % d’étoiles dans l’entièreté de ce qu’on voit. Le reste, c’est 96% de vide, de néant et de noir. Et pourtant, ça nous attire toujours autant. Donc, même s’il reste très peu de lumière parfois quand on regarde l’horizon, il faut trouver ces 4% et les suivre collectivement….

France Net Infos : Voilà de quoi susciter la curiosité. Comment est né ce projet ?

Paul Pascot : De deux années de prises de notes ! Au bout d’un moment, j’ai eu quatre-vingt dix pages et on a ciselé, coupé et on a fini par créér trente tableaux en cinquante-six pages, trente peintures qui constituent l’aventure artistique de « Nos clochards célestes ».

France Net Infos : « Nos clochards célestes » est présenté à Grasse dans le festival Trajectoires qui s’articule autour des récits de vie…

Paul Pascot : Juste après la pandémie, j’ai demandé au théâtre du Bois de l’Aune d’Aix de mettre en place une semaine de rendez-vous. J’ai vu 182 personnes en cinq jours ! Des gens très différents auxquels je posais plus ou moins les mêmes questions. C’était comme des espèces de portes ouvertes à tiroirs à mots, à sensations. Ca m’a permis de me mettre au diapason de ce que tout le monde éprouvait au même moment. Ca m’a permis d’alimenter « Nos clochards célestes » et les sensations que je voulais en extraire. On est dans une société où va être obligé de partager si on veut vivre heureux. On ne pourra pas faire autrement pour pouvoir avancer et s’enrichir…

France Net Infos : « Nos clochards célestes » s’adresse à un public jeune, à partir de 14 ans…

Paul Pascot : Je suis sûr que les deux personnages de la pièce sont des êtres qui vont s’accrocher aux jeunes ! Dans la pièce, l’un des deux personnages veut monter et l’autre, qui est en haut, ne veut pas qu’il monte. Il y a donc une différence de trajectoire, de vie. C’est assez simple ce que l’on vient raconter au public. La pièce suscite plusieurs sentiments : du désir, du rêve, de l’angoisse, de la peur, de la colère, de la recherche de la lumière. Le but de ce spectacle, ce n’est peut-être plus d’être spectateur mais de devenir acteur d’un monde qui choisit qui dirige qui…

France Net Infos : Dans vos pièces, il y a toujours une prise de risque et des interrogations…

Paul Pascot : Oui, le but n’est pas de résoudre mais de questionner. Résoudre appartient à chaque personne qui vient voir le spectacle. On ne vient pas expliquer la vie aux jeunes. On vient juste leur poser des questions et c’est à eux d’y répondre. Déjà, se questionner, c’est pas mal !

France Net Infos : Votre compagnie s’appelle Bon-qu’à-ça. Que signifie ce nom ?

Paul Pascot : Parce que je pense que la structure d’une compagnie n’est bonne qu’à ça, qu’à créér des spectacles. La compagnie est symbolisée par un trombone car il n’est bon qu’à tenir des feuilles entre elles. Et puis, si on utilise bien ce trombone, on peut sans doute ouvrir n’importe quelle serrure…

France Net Infos : Avec la compagnie, vous avez réalisé des projets très différents…

Paul Pascot : L’année dernière, j’ai travaillé avec des migrants du collectif Agir d’Aix-en-Provence. On a fait éditer un recueil de poèmes qu’on a travaillés ensemble et qu’on a joués devant 170 personnes. J’ai fait neuf mois de travail participatif avec huit jeunes issus de quartiers difficiles d’Aix. Il y a eu des masterclasses avec Diziz la Peste notamment.

France Net Infos : Et après « Nos clochards célestes » , qu’avez-vous prévu ?

Paul Pascot : Je vais partir au Liban en janvier pour travailler sur « Les murs parlent », un spectacle entre le Luxembourg, le Liban et la France (Aix-Marseille). Puis, il y aura « La Faille », une commande qu’on a faite à l’auteur Serge Kribus.

« Nos clochards célestes » au théâtre de Grasse dans le cadre du festival Trajectoires jeudi 12 janvier à 20h. Pour plus de renseignements et pour réserver : www.theatredegrasse.com

A propos Laurence Raybaud

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