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Festival de Cannes J10 : Un couteau dans le coeur et Capharnaüm

Le festival de Cannes approche de la fin. Pour l’instant, pas de gros coup de cœur. Par le passé, il est déjà arrivé que la Palme d’Or fasse partie des derniers films présentés. Ce sera peut-être le cas encore pour cette 71e édition.

L’émotion était bien présente lors de la projection du dernier film de Nadine Labaki, Capharnaüm. La réalisatrice libanaise est une habituée du festival. A Un Certain Regard, elle a déjà présenté Caramel et Et maintenant on va où ? qui lui ont valu des louanges. Son entrée dans la compétition officielle a été d’ores et déjà réussie. A l’issue de la projection, elle a reçu une très longue ovation. Capharnaüm, la belle surprise de cette fin de festival, revenait dans toutes les conversations dès le lendemain de sa projection. Le film a bouleversé la Croisette. Le titre résume à lui seul les thèmes, voire les obsessions qui hantaient Nadine Labaki depuis longtemps : l’immigration clandestine, l’enfance maltraitée, les travailleurs immigrés, la notion de frontières ou la nécessité absurde d’avoir un papier pour prouver son identité. Elle a choisi d’adopter le point de vue d’un petit garçon, Zain (sûrement âgé de douze ans d’après les médecins) qui intente un procès à ses parents en leur reprochant de l’avoir mis au monde. Le film est construit dès lors sur des flashbacks qui vont amener à découvrir progressivement comment Zain en est arrivé là.

On le découvre au début vivant avec ses parents et ses frères et soeurs dans un taudis, d’un quartier misérable comme il en existe tant au Liban. Lorsqu’il découvre que sa soeur est en âge de se marier à un homme bien plus vieux qu’elle, il fait tout pour l’en empêcher. En vain. Il fuit donc et se débrouille pour subsister dans une ville où la misère est à chaque coin de rue plus forte. Il est recueilli par une jeune éthiopienne sans papier, Rahil, mère d’un bébé dont elle doit cacher l’existence. Zain s’occupe de lui jusqu’au jour où Rahil ne revient pas. La jeune femme, présente à la conférence de presse, était très émue en racontant qu’elle-même, sans papiers, a été arrêtée au lendemain de son arrestation dans le film. Nadine Labaki colle au plus près la réalité ; pour préparer le film, elle s’est beaucoup documentée et a interrogé des habitants et surtout des enfants de ces quartiers. La plupart lui ont semblé pas aimés, sans réactions, sans émotions, malheureux de vivre et d’être nés. Le film, qui verse parfois un peu trop vers l’émotion, prend l’allure d’un voyage initiatique pour Zain. Le dernier plan est particulièrement émouvant, et introduit une (très légère) lueur d’espoir dans ce capharnaüm. Si le film a incontestablement séduit les festivaliers, en sera-t-il de même du jury ?

Autre film en compétition, celui de Yann Gonzalez, Un couteau dans le coeur. Avant sa première participation dans la compétition officielle, il s’était fait remarquer à la Semaine de la critique avec son précédent film, Les rencontres d’après minuit. Yann Gonzalez a incontestablement un univers propre auquel on adhère ou pas. Avec Un couteau dans le coeur, il nous plonge en 1979, dans l’univers du porno. Vanessa Paradis (que l’on n’attendait pas là) incarne Anne, une productrice de films porno gays. Lorsque Loïs, sa compagne, la quitte, elle est désespérée. Alors qu’elle est en train de tourner un nouveau film, l’un des acteurs est sauvagement assasssiné, puis un deuxième, et un troisième. Elle va alors se retrouver mêlée à l’enquête. Le film n’est pas à proprement parler un thriller, ni un film d’amour, ni un film porno. Il est un peu de tout cela à la fois, dans un style kitsch de série B que Yann Gonzalez assume complètement. Vanessa Paradis a avoué qu’elle était ravie que le réalisateur ait pensé à elle pour ce rôle, à un moment où on faisait moins appel à elle en tant qu’actrice. Dans le film, elle déambule en blonde platine et des bottes rouges. On pense à Blondie. Les références aux années 70 sont nombreuses : la musique, la lumière aussi, bleue comme celle des films noirs de cette époque-là. Un film subversif qui a dérouté plus d’un spectateur.

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