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Le Siffleur : le classique c’est fantastique

Mercredi 13 février avait lieu la 500ème représentation du Siffleur au Palace. Le même soir sur France 3, la 26ème édition des Victoires de la musique classique était leader en audience sur les individus de 80 ans et plus. Une étrange coïncidence qui amène à se poser une question : si la cérémonie avait été animée par Fred Radix, la part de marché des femmes de moins 50 ans responsables des achats aurait-elle dépassé les 0,5% ? 

Sur papier le concept même du Siffleur est casse-gueule : assister à une conférence sur l’histoire de la musique classique réinterprétée par un chef d’orchestre qui siffle ; admettez qu’il y a de quoi imaginer une performance théâtrale diffusée tardivement sur Arte sans se préoccuper d’une quelconque audience pour l’amour de l’art. Mais sur papier, il y a aussi et surtout une curiosité qui donne envie de découvrir les raisons de ce succès public. Dès les premières minutes, Fred Radix accompagné d’un quatuor à cordes fait taire les sceptiques au souffle d’un légendaire Wolfgang Amadeus Mozart. Les doutes ne sont alors plus permis quand Schubert et son Andante con moto retentit, le public est conquis. Le Palace baigne dans une atmosphère poétique où le souffle magique de Fred Radix est sublimé. C’est avec des yeux d’enfant, l’ouïe tendue, et l’esprit en alerte que le Siffleur débute alors une conférence des plus absurde. 

Le Siffleur vulgarisateur

Fred Radix incarne à la perfection un conférencier englué dans une logorrhée sous apnée qui s’égare dans d’interminables discrétions. Les anecdotes historiques fourmillent, ponctuées par des analyses techniques pointues, volontairement indéchiffrables pour l’auditeur lambda. Le Siffleur s’amuse du cliché précité : la musique classique c’est pour les vieux, voir la bourgeoisie hautement cultivée. Face à un public plus alerte à la philosophie de comptoir d’un Joe Dassin « on ne peut pas siffler à la fois l’apéro et l’opéra » ; qu’à la minutie orchestratrice d’une Flûte enchantée et autre Truite qui prend son origine dans le chant de la Kagou huppé de Nouvelle Calédonie. Le Siffleur est contraint à son grand dam de vulgariser son propos. Une souffrance intellectuelle jouissive pour nos  zygomatiques. 

La conférence se transforme alors en un concerto blind test où se croisent La Marche Turque de Mozart, le générique de 30 millions d’amis et Ennio Morricone. Fred Radix nous livre ses Victoires de la musique classique avec des punchlines hilarantes. C’est ludique, poétique, magique, tout simplement fabuleux. Une leçon d’écriture qui met en lumière un talent de siffleur, considéré à tord comme désuète, à l’image de la Valse n°2 de Chostakovitch qui donne envie d’épargner à la CNP Assurances. Il y a fort à parier que Le Siffleur fêtera sa 1000ème représentation sur scène. 

Futures représentations
504ème : 19-02 – Montigny-Le-Bretonneux (78)
505ème : 24-02 –  Saint Etienne (42)
506ème : 02-03 – Arlon (BE)
507ème : 16-03 – St Laurent sur Sèvre (85)
508ème : 30-03 – St Renan (29)
+ d’infos

 

  

A propos Yohann.Marchand

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