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Interview Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Nicolas Bedos pour le film « les Infidèles »

Devant plus d’une vingtaine de journalistes, Jean Dujardin pas encore Oscarisé pendant la promotion de son film qu’il porte avec son ami Gilles Lellouche, et tout juste rentrée de sa tournée de récompenses aux Etats Unis, répondait détendue et avec son sourire charmeur aux questions des journalistes. Accompagné de Gilles Lellouche et Nicolas Bedos, c’est bien entourée et dans la bonne humeur que cette interview a eu lieu.

Comment est né ce projet de film ?

Jean Dujardin : J’avais envi de faire un film a sketches depuis très longtemps, et j’avais entendu l’histoire d’un homme qui pour filouté, acheter un ticket de cinéma éteignait son portable, allait faire sa petite affaire. Et sa femme lui demandait où il était, il répondait qu’il avait été au cinéma. Mais ce film c’est aussi une envie de jouer ensemble avec Gilles, de s’amuser, de se faire du sur-mesure, d’être libre, d’avoir plein de personnages et de situations différentes.

Gilles Lellouche : Le film a sketches çà nous permettait aussi d’aborder le sujet de toutes sortes de manières originales. Traiter de l’infidélité de manière traditionnelle çà n’aurait pas été aussi novateur.

Jean Dujardin : çà aurait été assez indigeste de faire que de la comédie. L’idée c’était de se balader un peu dans les genres, de l’humour le plus potache à des choses beaucoup plus profondes. Et proposer cela à différents réalisateurs, nous semblait intéressant. Il s’agit non pas d’un film mais de plusieurs petits courts, des sortes de sketches, réalisés par différents réalisateurs.

Comment s’est passé la séance d’écriture ?

Jean Dujardin : C’est parti de nous deux, Gilles et moi avons fait le squelette de chaque sketch.

Gilles Lelouche : Oui, ensuite les auteurs sont intervenus, ils ont écrit les dialogues. Notamment Nicolas Bedos qui nous a fait une sorte de poliche globale sur tous les sketches. Mais on est à l’initiative de chaque histoire. On avait des envies très précises, que ce soit dans l’humour ou dans les sketches plus sombres.

Nicolas Bedos : çà a été un grand bonheur ! D’être appelé par Jean, Gilles et Guillaume (Cannet) qui m’ont proposé de les rejoindre sur ce projet. J’ai écrit notamment le sketch de « la question », où il s’agit d’un jeu de questionnement entre un homme et une femme qui vont s’avouer l’un et l’autre avoir été infidèles. Ensuite j’ai mis parfois mon grain de sel çà et là, c’est au final un travail collectif !

Est-ce que la théorie selon laquelle derrière un Homme à femmes, il y a un homosexuel refoulé est basée sur une expérience personnelle ?

Jean Dujardin : C’est Nicolas Bedos qui a balancé çà une fois en pleine séance d’écriture !

Nicolas Bedos : Je pense que chez certain de mes amis cette façon qu’on a  de vouloir toujours se prouver un certain nombre de choses, parfois on prend plus de plaisir à le raconter à l’autre et à le faire « bander » a travers ce qu’on vient de vivre que de jouir soi même ! Et çà m’amusait beaucoup de jouer là dessus.

Avez-vous eu des influences ou des modèles de comédie pour faire ce film ?

Jean Dujardin : Il y a beaucoup d’influence consciente et inconsciente dans le film. Il y a une envie un peu des monstres comme Lino Risi, il y a un peu de Blier.

Gilles Lellouche : Les comédies Américaines ont une espèce de culot bizarrement qu’on avait beaucoup en France et que l’on n’a plus. On est parti dans l’idée de faire une comédie pour adultes, avec des thèmes d’adultes. On s’est dit que la comédie n’était pas forcement faite pour les 7 à 77 ans.

Parmi les sept réalisateurs qui ont fait ce film, Emmanuelle Bercot est la seule femme. Était-ce important pour vous qu’il y ait une femme dans cette équipe ?

Jean Dujardin : Non, c’est surtout une très bonne réalisatrice plus qu’une femme j’ai l’impression. Mais c’était intéressant de voir son point de vue de femme sur le texte de Nicolas Bedos. En dix minutes elle l’a lu l’a trouvé formidable et avait très envie de faire ce film.

Quel était le fonctionnement de cette équipe ?

Jean Dujardin : C’était un système un peu communiste ! Il y avait pas vraiment de chef, ni de chef d’orchestre ou metteur en scène, tout le monde l’était un peu. Et à la fois, oui c’était un film à sept branches avec sept metteurs en scène différents mais Guillaume Chiffman qui était le responsable un peu sur tous les plateaux! C’était la même équipe technique à chaque fois, il n’y avait que les metteurs en scènes qui changeaient. Ils venaient et repartaient à la fin de la semaine. Guillaume Chiffman a dû s’adapter à chaque fois ! Cet homme est souple !

C’est ce qui vous a permit de garder une certaine continuité dans le film?

Jean Dujardin : On a vraiment accepté le film à sketch. On ne s’est pas dit qu’il fallait qu’on trouve un fil rouge un peu pompeux. Et puis il se trouve qu’il y avait une certaine homogénéité dans la lumière, dans la proposition du chef opérateur aussi, et puis dans le ton, l’écriture..C’était peut être quelque chose d’inconscient finalement.

Gilles Lelouche : Oui c’est comme l’ordre des sketches qui est intervenu à la fin, au montage. On s’est aperçu que la physionomie du film changeait complètement suivant l’ordre des sketches, et puis en fait il y en a un qui s’est imposé à nous naturellement. C’est ce qui fait que les sketches se répondent les uns aux autres. Tout n’était pas réfléchit et tout à été une sorte de working progress permanent avec les acteurs, les réalisateurs, la monteuse..

Tous les réalisateurs avec lesquels vous avez travaillé sont présent à l’écran?

Gilles Lelouche : Il y a un sketch réalisé par Jan Kounen qu’on a mit de côté car il était un peu orphelin, un peu différent, trop barré dans un genre. Il avait une esthétique particulière bien qu’il était extraordinaire.

Jean Dujardin : On l’a enlevé car il y avait moins de cohérence et çà nous faisait sortir du film. Et puis aussi parce qu’il était long, une vingtaine de minutes. Mais il sera surement sur le dvd, et pourquoi pas en salle !

Ne craignez vous pas que le film soit prit trop au premier degré ?

Gilles Lelouche : On n’a aucunes peurs, le film il est ce qu’il est !

Jean Dujardin : A l’intérieur de ce film, il y a du premier degré, du second, du troisième, c’est assez exposé et affiché ! Le public est intelligent je pense, il le comprend bien.

Comment avez-vous réagit à la polémique sur les affiches du film justement ?

Nicolas Bedos : Il y a une polémique par jour !

Jean Dujardin : Je vais vous dire c’est juste pour vendre du papier ! On a crée la saga, çà tombe bien en plus, on est aux Oscars tout çà..Je pense que c’est juste pour créer un petit buzz. Parce que cette affiche elle existe depuis 1982 dans le film « Paradis pour tous » avec Dewaere, c’est juste que l’on rétrograde et cela devient insupportable !

Gilles Lelouche : Et puis c’est très faux culs tout cela ! De nous censurer. Que çà soit des affiches de mauvais gout, on est d’accord, c’est nous qui les avons faite ! Mais c’est fait exprès. Pour le coup si on les prends au premier degré c’est certain que c’est compliqué mais pour qu’on nous les censure, je trouve çà extrêmement violant. Çà a été pareil pour Stéphane Guillon deux jours avant. Je trouve çà dingue que l’on décide de tout d’un coup censurer des affiches comme celles là, alors qu’on trouve des affiches porno sur tous les kiosques à journaux à hauteur des gamins de 4 ans, que Zaya est maintenant une star nationale..çà n’a pas de sens tout cela.

Jean Dujardin : Mais c’est bien çà nous a fait de la pub ! On s’en serait bien passé mais bon. Nous, on ne voulait pas faire de polémique du tout, on voulait juste se marrer ! C’était pour rire !

Quel a été la scène la plus difficile à tourner ?

Jean Dujardin :(rires) ah moi j’ai la réponse !

Nicolas Bedos : L’émotion je suis sur, non ?

Jean Dujardin : Oui, le sketch de « la question » avec Alexandra Lami, a été difficile a jouer pour moi. Parce que c’est un sketch très verbeux et que l’on doit rester fidèle a sa patte ! Il était également compliqué parce qu’il y avait tout un travail de circulation, et c’est là que Emmanuelle (Bercot) a fait un super travail. En plus on avait peu de temps, on passait cinq, six jours par sketch. Et jouer la nuit, c’est assez différent au niveau du jeu. Des fois s’en ait même assez irrationnel, a trois heures du matin, vous vous demandez ce que vous faites là !

Le thème du film au final, c’est quoi ? La difficulté de vivre à deux, de durer ?

Jean Dujardin : Oui, c’est tout cela à la fois. Je pense qu’il y a beaucoup de choses qui englobent le film, le thème de la solitude aussi, le vise. Il y a beaucoup de chose je pense a traiter autour de l’infidélité.

Nicolas Bedos : Ce n’est pas un film triomphant sur l’infidélité. Ceux qui s’attendent à çà, sont souvent surprit.

Gilles Lelouche : Il est presque plus moralisateur que misogyne ce film. Il est plus morale que l’on imagine. A l’origine ce qu’on voulait c’est jouer des affreux, des méchants. Renouer en quelque sorte avec les films italiens des années 70. Et on s’est aperçu en fait qu’on était pas si gratuit que çà, qu’a l’arrivée on était rattrapé par une morale.

Est-ce qu’on aurait pu avoir ce film vu du côté féminin ?

Jean Dujardin : Mais çà va venir ! On y avait pensé mais çà aurait été pour le coup un film de trois heures !

Gilles Lelouche : Mais bien sur que l’on pense que c’est possible ! Parce que vous pensez que l’infidélité est typiquement masculine ? (rires)

Nicolas Bedos : La parité va dans les deux sens.

Dans le film, il y a un épisode « Les infidèles anonymes », d’où vous est venue cette idée ?

Gilles Lelouche : L’idée est venue de toutes ces cliniques qui existent aux Etats Unis, de désintoxications sexuelles. Ces espèces de trucs de faux culs où quand vous avez un golfeur qui trompe sa femme, qui passe trois semaines là bas et qui quand il ressort évidemment il est soigné, tout va bien ! On est parti de ce truc là et puis on a inventé à la manière des alcooliques anonymes.

Comment avez-vous fait le choix des acteurs ?

Jean Dujardin : Certain sont des potes, Guillaume (Cannet), Manu (Paillet), çà c’est fait très naturellement et simplement. Isabelle Nanty, j’avais tourné mon premier film avec elle, c’est un peu ma fée ! Elle a tout le talent et le recul pour faire ce genre de personnage. Et Alexandra Lami parce que c’est une formidable actrice !

Finalement ce film, est-ce réellement une comédie ?

Jean Dujardin : On aime dire que c’est une « dramédie »

Il y a quelque chose de très drôle dans le film, c’est notamment la coiffure de Guillaume Cannet..

Jean Dujardin : Mais c’est çà vrai tête ! (rires) Manu Paillet il est comme çà aussi !

Gilles Lellouche : çà faisait parti du projet, s’amuser ! C’est vraiment la salle de jeu, pas se prendre au sérieux surtout.

Peut-on vous questionner sur votre départ prochain pour les Etats Unis ? (interview réalisée le 17 février)

Gilles Lellouche : Tu vas aux Etats Unis ? Qu’est ce que tu vas foutre là bas ? (rires)

Jean Dujardin : Il n’y a pas grand-chose à dire. On est dans le plaisir. Je ne comprends pas pourquoi tout le monde me demande si j’ai peur de choper la grosse tête ! On n’est pas forcé de choper la grosse tête ! On peut être très heureux sans pour autant avoir la grosse tête ! J’ai l’impression que j’aurai pu l’avoir depuis longtemps ! çà se passe très bien pour moi depuis un bout de temps. La pression je ne la sent pas du tout, je ne l’ai jamais ressenti, c’est un peu irréel tout cela. Je suis un acteur Français, au USA, je maîtrise pas super bien la langue, je suis dans une espèce de chambre capitonnée, je vois ce que je veux bien voir et finalement tout va très bien. Peut être que je ressentirais la pression, 48h avant les Oscars.

Guillaume Shiffman : Ce qui est très troublant c’est que ces gens là font le même métier que nous sauf que nous on est en France donc on les admire et quand on parle avec eux, on parle juste avec des gens qui font le même métier ! C’est assez affolant quand on se retrouve au déjeuné des Oscars comment les gens parlent tout simplement de cinéma.

Jean Dujardin : Effectivement c’est le point de vue de la France. Mais le fait d’avoir déjà gagné tellement de récompense çà va me permettre d’être encore plus dans le plaisir dans ce que je vais faire. Çà va me donner encore plus de liberté.

Pour en revenir à votre duo avec Gilles Lellouche, vous vous ressemblez beaucoup de profil, est ce que vous avez cultivé ce côté-là ?

Gilles Lellouche : Oui oui on s’est dit qu’on allait faire que des photos de profil ! (rires)

Jean Dujardin : Non pas du tout ! On a un bon nez qui est là, de grandes oreilles..on est brun, on a de la barbe.. Ce qui était intéressant c’était de voir deux personnages assez similaires, pas un plus faible que l’autre. Nos rôles sont au final interchangeable.

Et maintenant qu’allez vous faire de votre liberté ?

Jean Dujardin : Pourquoi pas tourner aux Etats Unis, mais pas dans la grosse machine Hollywoodienne. Mais je suis pas un acteur Américain, je suis un acteur Français ! Je vais pas habiter aux Etats Unis.

Gilles Lellouche : Par contre moi oui ! (rires) Je vais faire de la magie aux Etats Unis!

Jean Dujardin, votre mère est médocaine donc de la région Bordelaise, quel est votre vision sur cette ville ?

Jean Dujardin : Je sais qu’on pense que je suis de Nice aussi ! J’aime bien cette idée là, d’être de partout ! J’aime beaucoup Bordeaux !

Gilles Lellouche : Oui tu vas pas dire le contraire ! Bordeaux est une ville de merde ! (rires)

Jean Dujardin : Non, mais il y a quelques années j’aurai pu dire que c’était une ville un peu moche, un peu bouchée avec tout ces travaux pendant des années. Elle était très noire cette ville. Je trouve qu’elle a été embellie magnifiquement bien ! J’ai même changé de chambre pour avoir la vue sur la place du grand théâtre. Et puis c’est une ville jeune.

Nicolas Bedos avait vous l’envie de réaliser un film entièrement à vous ?

Nicolas Bedos : Oui tout à fait. Je vais réaliser un film l’année prochaine. J’ai également écrit un scénario que je vais tourner cet été avec Louise Bourguin.

Et vous Jean Dujardin et Gilles Lellouche, çà vous a donné envie de devenir réalisateur ?

Jean Dujardin : non, pas tellement. Moi ce que j’aime bien, c’est ramener la bande de copains, cet esprit Scoot un peu. Réaliser çà pourra me titiller dans quelques temps mais pas pour l’instant.

Gilles Lellouche : la réalisation moi j’y retourne bientôt j’espère. J’ai écrit un scénario qui va être réalisé par une camarade cet été, et l’année prochaine j’espère pouvoir faire mon film.

Que pensez vous de la fidélité, est ce encore possible ?

Gilles Lellouche : Biensur! Dans la fidélité, il y a le fait de croire. Quand on commence a tromper c’est qu’on ne croit plus. Nos femmes ont adoré le film, elles ont surtout compris notre démarche, faire un film libre de ton. C’est ce que l’on a voulu faire, un film plein de liberté.

M.S

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